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À l’échelle mondiale, les femmes demeurent moins connectées à Internet que les hommes, avec un écart estimé à environ 189 millions d’hommes supplémentaires en ligne en 2024. Cette différence, bien qu’en légère diminution dans les régions développées comme l’Europe où la parité est presque atteinte, reste prononcée en Afrique, où seules 31 à 34 % des femmes ont accès à Internet, contre 43 à 45 % des hommes.
Ainsi, pour définir on parle de fracture numérique de genre lorsque les femmes sont moins nombreuses à être connectées, à utiliser Internet et les outils numériques, et à en tirer des bénéfices (formation, emploi, services publics, santé, participation citoyenne) que les hommes. Cette fracture ne concerne pas seulement l’accès technique (avoir un téléphone ou une connexion), mais aussi les compétences, les usages (administration en ligne, banque, e‑santé), la capacité à créer (contenus, entreprises, innovations) et à participer aux décisions qui gouvernent le numérique.
Sur la base d’un comparatif, si l’Europe, les Amériques et la région CEI ont presque atteint l’égalité d’usage l’accès à Internet et tendent vers la parité mondiale (90 % des femmes contre 92 % des hommes en 2024) malgré quelques disparités ( la sous-représentation féminine dans les métiers technologiques (15 à 27 %), la souffrance d’illectronisme touchant surtout les femmes précaires ; les pays les moins avancés accusent encore un retard significatif.
Concernant le continent africain, l’écart reste le plus large au monde : en Afrique subsaharienne (39% femmes vs 54% hommes) utilise l’internet ; cela est dû à la pauvreté, au manque d’infrastructures rurales, aux normes sociales priorisant les hommes et à un faible accès à l’éducation numérique. ; femmes rurales, pauvres et peu scolarisées, âgées, les femmes en situation de handicap ou appartenant à des minorités sont les plus touchée, car les discriminations de genre s’additionnent à d’autres obstacles (distance aux infrastructures, coût, normes sociales restrictives).
Ainsi, ONU Femmes estime que combler la fracture pourrait sortir plus 30 millions de femmes de la pauvreté d’ici 2050 et générer 287 milliards $ de PIB supplémentaire d’ici 2050. À l’inverse, 351 millions de femmes risquent l’extrême pauvreté en 2030 sans action.
Le téléphone mobile est le principal moyen d’accès, mais les femmes sont moins équipées, partagent les appareils et contrôlent moins les dépenses télécoms du ménage ; rajoutons à toutes ces conséquences l’exclusion emploi/entrepreneuriat numérique, la faible innovation, la perte d’autonomie économique.
Il appartient donc de promouvoir l’innovation, l’éducation numérique et la protection qui intègre le numérique dans les politiques d’égalité (soins, éducation, emploi) dès l’enfance , de lutter contre les stéréotypes et renforcer les politiques d’inclusion tech.