LEADERSHIP FÉMININ : LE POUVOIR RESTE MAJORITAIREMENT MASCULIN, MALGRÉ DES PROGRÈS RÉELS


LEADERSHIP FÉMININ : LE POUVOIR RESTE MAJORITAIREMENT MASCULIN, MALGRÉ DES PROGRÈS RÉELS
@Dirigeantes, leadership au féminin
  • 29 Mai 2026


Les chiffres publiés par ONU Femmes en début de cette année dressent un constat sans équivoque : les femmes demeurent largement sous-représentées dans les plus hautes sphères du pouvoir politique mondial.

Si les progrès réalisés au cours des dernières décennies sont indéniables, l’égalité dans l’accès aux fonctions de décision reste encore loin d’être une réalité.

Une présence féminine toujours marginale au sommet de l'État

Aujourd’hui, les femmes ne sont cheffes d’État et/ou de gouvernement que dans 25 pays à travers le monde.

Ce chiffre illustre la difficulté persistante pour les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, malgré l’augmentation de leur niveau d’éducation, de leurs compétences et de leur engagement dans la vie publique.

La conquête du pouvoir politique suprême reste encore largement dominée par les hommes.

Des parlements encore majoritairement masculins

Les femmes représentent 27,2 % des parlementaires dans le monde.

Autrement dit, près de trois quarts des sièges parlementaires demeurent occupés par des hommes.

Or, les parlements sont les lieux où se construisent les lois, où se définissent les priorités budgétaires et où se prennent des décisions qui impactent directement la vie des citoyens.

Cette sous-représentation signifie que les préoccupations, les expériences et les besoins des femmes ne sont pas toujours suffisamment pris en compte dans l'élaboration des politiques publiques.

Moins d’un ministre sur quatre est une femme

Le constat est tout aussi préoccupant au sein des gouvernements.

Les femmes n’occupent que 22,9 % des postes ministériels à l’échelle mondiale.

Mais au-delà des chiffres, une autre réalité mérite d’être soulignée : toutes les responsabilités ministérielles n’offrent pas le même niveau d’influence.

Une ségrégation persistante des portefeuilles ministériels

L’analyse d’ONU Femmes révèle que les femmes sont davantage présentes à la tête de ministères liés :

  • aux droits humains ;
  • à l’égalité des sexes ;
  • à la protection sociale ;
  • aux affaires familiales.

À l’inverse, les hommes continuent de dominer les ministères considérés comme les plus stratégiques :

  • Affaires étrangères ;
  • Finances et Budget ;
  • Intérieur ;
  • Défense.

Cette répartition traduit une forme de ségrégation du pouvoir politique.

Les femmes accèdent plus facilement aux portefeuilles associés au social et au soin, tandis que les hommes conservent majoritairement le contrôle des secteurs liés à la souveraineté, à la sécurité et aux ressources financières.

Le véritable enjeu : l’influence, pas seulement la représentation

Ces chiffres rappellent qu’il ne suffit pas d’augmenter le nombre de femmes dans les institutions.

La question centrale est également celle de leur capacité à accéder aux postes où se prennent les décisions les plus stratégiques.

La présence féminine doit s’accompagner d’un accès réel aux fonctions d’influence, aux ressources et aux leviers de pouvoir.

Un défi pour les États, mais aussi pour la société

L’enjeu dépasse la seule question de l’égalité entre les femmes et les hommes.

De nombreuses études montrent qu’une gouvernance plus inclusive favorise :

  • une meilleure prise en compte des besoins des populations ;
  • une plus grande diversité de points de vue ;
  • des politiques publiques plus équilibrées ;
  • un renforcement de la confiance dans les institutions.

Le véritable défi n'est plus seulement de faire entrer davantage de femmes dans les institutions. Il est désormais de leur permettre d'accéder aux postes où se décident les orientations économiques, financières, diplomatiques et sécuritaires des États. Car la représentation ne garantit pas automatiquement l'influence. L'égalité sera pleinement réalisée lorsque les femmes seront aussi nombreuses à diriger les ministères de la Défense, des Finances ou des Affaires étrangères que ceux des Affaires sociales ou de la Promotion de la femme.

 

Une analyse de Madame Bel Lauretta TENE, 

Cofondatrice du média Dirigeantes – Leadership au féminin

 www.lesdirigeantes.com

Auteure du livre "Quand le mental devient une boussole…"

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Associée chez Afrique RSE


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