Seynabou DIENG, lauréate du Prix Jeune Entrepreneur (e) Francophone 2019, la fonceuse qui a décidé de se sacrifier pour faire avancer l’écosystème des jeunes femmes entrepreneures au Mali


16 Octobre 2020

En attendant d’échanger ce vendredi 16 octobre à 18h (heure de Paris) lors de la MasterClass avec Colette Jeannine MINKA, la dirigeante visionnaire qui a monté une multinationale avec les compétences africaines, découvrez Seynabou DIENG qui a accordé tout à l’heure une interview exclusive à Bel Lauretta TENE, Directrice de Publication du magazine Dirigeantes.

Dans cet échange d’une demi-heure, vous découvrirez une fonceuse qui ne recule devant aucune difficulté. D’ailleurs, malgré une situation sécuritaire instable au nord du Mali, elle vient de parcourir les 680 kilomètres qui relient Bamako à Mopti pour visiter sa deuxième usine de production.

Seynabou DIENG, Directrice Générale de MAYA SARL, une société agroalimentaire qui mise sur les produits frais Made In Mali, Associée et Directrice Générale de DIDEN Holding, un cabinet de conseil en stratégie et marketing, aime prendre les risques et est prête à tout pour faire avancer l’écosystème entrepreneurial des jeunes maliennes.

Titulaire d’une Licence de Panthéon-Sorbonne, d’un Master en Marketing International de l’IDRAC Business School et du Mastère Spécialisé Stratégy & Management of International Business de l’ESSEC Executive Education, cette tête bien faite, diplômée des grandes Universités et Ecoles françaises, avait probablement un parcours professionnel bien tracé dans l’Hexagone.

Mais parce qu’elle considère que c’est aux africains d’assurer la construction du continent et n’accepte pas du tout la moindre critique sur le développement de l’Afrique, elle décide de rentrer au Mali pour passer des paroles aux actes.

Mais une fois à Bamako, un autre constat : l’écosystème de l’entreprenariat féminin est dominé par les femmes d’une certaine génération.

La jeune trentenaire Seynabou DIENG, qui souhaite montrer le rayonnement de son pays à l’étranger et avoir de l’impact au niveau local, décide alors de se lancer dans l’industrie agroalimentaire car 75 % des Maliens vivent de l’agriculture et plusieurs  d’entre eux, notamment en zone rurale, ne s’en sortent pas. Elle veut donc changer les choses grâce à la mise en place d’une industrie  de transformation des produits frais et de promotion du Made in Mali.


Mais face au manque de ressources financières, elle décide de créer DIDEN Holding. Avec les économies issues de son cabinet de conseil, elle décide de lancer MAYA SARL. Avec son employée de maison Maya, c’est dans sa cuisine que débute l’histoire de MAYA SARL.   

Malgré les moqueries et même des critiques auprès de ses parents des proches qui comprennent pas qu’une diplômée des grandes universités et écoles françaises laisse l’Europe et revienne au Mali pour faire des sauces, Seynabou DIENG, qui ne recule pas quand il s’agit d’entreprenariat, a maintenu le cap.

MAYA SARL compte aujourd’hui 21 employés dont 70 % de femmes et dispose de deux sites de production avec une capacité de 16 tonnes de produits par mois.

L’entreprise exporte en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso.

Avec la fermeture des frontières et le confinement à cause du COVID-19, la dirigeante a innové avec la mise en place d’un système de commande et de vente à domicile au Mali.

La plus grande satisfaction de Seynabou DIENG est de voir l’écosystème de l’entreprenariat féminin bougé au Mali avec notamment de plus en plus de jeunes femmes qui se lancent dans le business y compris dans l’agro-alimentaire.

Mais son combat pour les femmes est encore loin d’être terminé. La militante de la parité à 50 – 50 avec des quotas de femmes en entreprise et dans l’administration a raté la dernière manifestation des maliennes pour revendiquer le respect du quota de femmes dans le nouveau Gouvernement de transition.

Face à Bel Lauretta TENE, Seynabou DIENG a donné le conseil suivant aux femmes « Il faut savoir s’écouter en tant que femme. Chaque femme a des rêves et souvent elle a peur de les exprimer. Il faut écouter ses besoins et aller au bout de ses rêves. Ce n’est pas facile car on a des chemins tracés dans nos sociétés : faire des études et travailler dans une entreprise. Beaucoup de femmes sont dans les entreprises parce qu’il faut être là. Il faut trouver ce qui vous anime au plus profond de vous même et commencer... »    

Une interview à voir et revoir donc.  

TT