2 semaines ago
70 Views

Soudain, le Festival de Cannes s’arrête pour laisser 82 femmes monter les marches

82 femmes sur la croisette
banner

Samedi soir, la présidente du jury Cate Blanchett et la réalisatrice Agnès Varda ont mené 80 femmes sur les marches de Cannes pour réclamer «l’égalité salariale». Un moment unique dans l’histoire du Festival.

Thierry Frémaux l’avait annoncé, une montée des marches 100% féminine aurait lieu samedi 12 mai, comme une «entrave symbolique», reflet des inégalités entre les femmes et les hommes. Promesse tenue. «Quatre vingt-deux femmes se tiennent sur ces marches aujourd’hui», déclare au micro Agnès Varda, petite «grande» bonne femme co-initiatrice avec la présidente du jury Cate Blanchett de l’événement sans précédent sur la Croisette. «Quatre vingt-deux, c’est le nombre de films réalisés par des femmes invités à concourir au Festival de Cannes depuis sa création en 1946», continue la réalisatrice française de 89 ans en haut des marches, après ces mêmes mots prononcés en anglais par Cate Blanchett.

Kristen Stewart, Marion Cotillard, Salma Hayek

«Dans le même temps, 1688 hommes ont pu monter ces mêmes marches. La Palme d’or a été décernée à 71 réalisateurs, trop nombreux pour êtres cités ici, et à seulement 2 femmes. Il y a eu celle de Jane Campion (pour La Leçon de piano, en 1993, NDLR) et moi-même (Agnès Varda, Palme d’or pour l’ensemble de sa carrière en 2015, NDLR). Je tiens par ailleurs à souligner, Cate, que celle de Jane Campion était ex-aecquo, et la mienne honoraire.» Rires dans l’assemblée de femmes à leurs pieds.

Quatre-vingt autres femmes donc, parmi lesquelles les membres du jury Kristen Stewart, Léa Seydoux, la réalisatrice américaine engagée Ava DuVernay, la chanteuse burundaise Khadja Nin ; les réalisatrices Céline Sciamma (à l’origine du collectif 5050), Alice Rohrwacher (Les Merveilles, Corpo Celeste), Patty Jenkins (Wonder Woman), Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée), Houda Benyamina (Divines) ; les actrices françaises Marion Cotillard, Virginie Ledoyen, Zabou Breitman, Sofia Boutella, Cécile Cassel, Céline Sallette, Leïla Bekhti, Clémence Poésy, Clotilde Courau et Claudia Cardinale. Au milieu, l’actrice-productrice Salma Hayek.

« Allons-y, on monte ! »

«Les femmes ne sont pas une minorité dans le monde», continuent Cate Blanchett et Agnès Varda, en anglais puis en français. «Et pourtant notre industrie dit le contraire. Nous voulons que ça change. Nous sommes auteures, réalisatrices, scénaristes, productrices, actrices, distributrices, agents artistiques (…) Nous travaillons toutes dans l’industrice du cinéma, nous sommes solidaires des femmes dans toutes les industries.»

Silence sur la Croisette. Émotion palpable, crépitements de flashs. «Nous mettons au défi nos gouvernements pour appliquer la loi sur les égalités salariales, continuent la présidente du jury et la réalisatrice. Nous demandons l’équité et la réelle diversité dans nos environnement professionnels. Nous désirons travailler main dans la main avec les hommes pour prendre nos responsabilités, pour créer devant et derrière la caméra, pour créer des images qui permettent les prises de conscience. Que les hommes et les femmes soient d’accord pour changer. Il est temps que toutes les marches de notre industrie nous soient accessibles. Allons-y, on monte !» La Croisette est en liesse. Les quatre-vingt deux femmes lèvent les bras, main dans la main, criant leur joie. Le DJ remet le son. Le Temps de l’amour et Pretty Woman sont sur sa playlist.

Marion GALY-RAMOUNOT

Source : Le Figaro

  • banner
  • banner