4 mois ago
365 Views

Souad Abderrahim, première femme élue maire de Tunis

Souad Abderrahim
  • banner
  • banner

Gérante d’une entreprise pharmaceutique, elle a remporté la mairie à l’occasion des premières élections municipales démocratiques qui ont confié le pouvoir local à de nombreuses femmes.

« J’offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie », a lancé mardi Souad Abderrahim, visiblement émue. Et pour cause. A 53 ans, cette gérante d’une entreprise pharmaceutique a remporté la mairie de Tunis à l’occasion des  premières élections municipales démocratiques en Tunisie . Une première pour une femme.

Tête de liste et membre du bureau politique du parti d’ inspiration islamiste Ennahdha , celle qui se définit comme indépendante a été élue par les nouveaux conseillers municipaux au deuxième tour boycotté par certains élus de gauche et du centre. Ils se sont refusés à voter pour l’un ou l’autre des deux partis qui se partagent le pouvoir, Ennahdha et les laïcs de Nidaa Tounes .

Bien que Souad Abderrahim soit, de longue date, une compagne de route d’Ennahdha, le mouvement a été accusé de l’utiliser pour moderniser son image. La nouvelle élue rejette l’étiquette « d’islamiste ». Tout comme Ennahdha qui se définit désormais comme « musulman démocrate » et s’est transformé, à la mi-2016, en parti « civil à référent islamique » pour marquer la séparation du politique et du religieux.

Sur les quatre principaux adjoints de Souad Abderrahim élus mardi, deux sont issus de la liste Ennahdha, un de Nidaa et un est indépendant.

Plus de femmes maires qu’en France

Pour devenir la première « cheikh de la médina » (titre masculin donné au maire de la capitale qui occupe une fonction particulière lors de certaines fêtes religieuses, NDLR), Souad Abderrahim devra, en vertu de la loi, quitter son entreprise. Son premier dossier ? « Ce sera de rendre belle Tunis », a-t-elle déclaré à l’AFP, alors que la gestion des déchets dans la capitale tunisienne est un problème qui ne cesse d’empirer depuis 2011.

Alors que  le pays peine à achever sa mue politique, sa victoire a été saluée par United Cities,  une organisation internationale basée à Barcelone qui représente les intérêts des gouvernements locaux et régionaux sur la scène mondiale.

Des femmes à la tête de mégalopole : une tendance lourde remarquait déjà lundi la maire de Paris, Anne Hidlago, à l’annonce de l’élection de Claudia Sheina à Mexico.

A l’instar de Souad Abderrahim, de nombreuses femmes ont accédé au pouvoir local en Tunisie à la faveur d’ une loi très stricte sur la parité . L’Instance indépendante électorale (Isie) estime que 47 % des élus sont des femmes, dont 573 sont têtes de listes (soit 29,5 % du total).

De son côté l’ONG Al Bawsala, a noté que sur les 270 conseils municipaux investis mardi soir 53 étaient présidés par des femmes ; soit environ 20 %. A titre de comparaison, l’association des maires de France compte 16 % de maires femmes dans l’Hexagone.

Jean Michel GRADT (avec AFP)

Source : Les Echos

  • banner
  • banner