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Point de vue de la Marraine

Sally NYOLO au 4D mars 2016
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Libérons le potentiel des femmes

La déclaration de Philadelphie dit que le travail n’est pas une marchandise. La liberté d’association est un droit. La pauvreté est un danger pour l’humanité et la lutte contre la pauvreté un devoir pour tous. Tous les êtres humains ont le droit de poursuivre leurs rêves et d’avoir un travail décent.

Pourtant le travail des femmes a besoin d’être renforcé, notamment celui de l’entreprenariat féminin.
Qui sont les femmes entrepreneures à Pointe-Noire? D’après une étude de la Chambre de Commerce,
d’Industrie, du Commerce et de l’Agriculture de Pointe-Noire, 64 % des femmes entrepreneures ont
entre 20 et 35 ans. Elles restent célibataires plus longtemps que les autres. 60% sont dans le
commerce et 31% dans les services. 84% de ces femmes entreprennent sur fonds propre. Elles ne
s’enrichissent souvent que pour la famille et sont confrontées à des difficultés particulières pour le
financement de l’entreprise ainsi que l’accès à la propriété. Le harcèlement au travail, les violences
domestiques et le manque de confiance envers les femmes sont autant de freins à ces forces
d’initiative et d’innovation.

Pub Sally NYOLOIl faut donc promouvoir les femmes entrepreneures, les aider à démarrer leur activité et soutenir cet
entrepreneuriat féminin. Au Congo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, à Madagascar et en France, les
rendez-vous sont pris avec Dirigeantes, pour nous réunir et soutenir ces femmes chefs d’entreprises.
Des actions ont été faites récemment au Bénin, en Ouganda, en Tanzanie, au Kenya et en Egypte
avec des guides comme “Aller De l’Avant” du Bureau International du Travail (BIT), qui peuvent être
utilisés dans l’accompagnement des femmes au Congo. Ils peuvent aussi être traduits dans les
langues nationales.

De nombreuses autres actions sont possibles. Le BIT a l’expertise technique et l’expérience
internationale, mais il lui faut un réseau de formateurs pour pouvoir transmettre et développer des
compétences,  faire du coaching, les aider à faire des business plan avant de se projeter. Les
Chambres de Commerce ou les organisations patronales peuvent le faire. Les femmes doivent aussi
être solidaires en créant une association de femmes chefs d’entreprise, comme l’association des
femmes juristes qui existe depuis 30 ans au Congo.

Il est important aussi d’avoir un Ministère en charge de la parité, qui veille au développement des
entreprises avec une répartition plus équitable des ressources et des responsabilités. Il faut adopter
les lois pour alléger le système fiscal. Il faut prendre des mesures de lutte contre l’exclusion bancaire. On doit pouvoir garantir l’autonomie de la femme pour ses projets.

Elle a aussi un rôle à jouer dans le réinvestissement dans le secteur agricole. Il faudrait les aider à sécuriser les rythmes de production et les chaînes de distribution tout comme leurs projets dans
l’industrie agro-alimentaire. Il faut changer les mentalités comme les comportements dans la
production agricole.

On a un objectif : transformer le monde en développant un entreprenariat conscient des problèmes
qui nous entourent et prêt à relever les défis que pose l’esprit d’un développement durable. Dans les
faits, tout le monde naît avec un talent. Le monde a à gagner si les femmes avaient les mains libres.

Sally NYOLO

www.sallynyolo.com

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