4 mois ago
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L’invention de la start-up drômoise Euveka va-t-elle chambouler la mode ?

Audrey-Laure Bergenthal
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Lauréate d’un Innovation Award 2018 pour son mannequin-robot évolutif dédié aux professionnels du textile, la pépite française fait sensation au CES de Las Vegas.

« Le mannequin de couture n’a pas évolué depuis des décennies, il était temps de le moderniser pour représenter la diversité des morphologies ! » La fondatrice d’Euveka, Audrey-Laure Bergenthal, ne se laisse pas déstabiliser par la cohue qui règne à l’Eureka Park, où exposent  les start-up au CES de Las Vegas . Elle défend son invention avec passion, pointant, non sans fierté, son Innovation Award 2018, placé sur le pupitre à l’entrée de son stand. Juste à l’arrière trône son mannequin-robot connecté, évolutif de la taille 36 à 48.

Haute couture et prêt-à-porter

« En entrant un barème de mesure dans l’ordinateur, le mannequin va bouger à la dimension souhaitée pour correspondre à la taille exacte du client », explique la patronne d’Euveka, en effectuant une démonstration. Grâce à cette technologie, elle espère faire prendre le virage de la personnalisation industrielle au monde du textile, et entraîner une « déstandardisation des tailles », se faisant porte-parole des clients « fatigués de ne pas trouver les vêtements dans la bonne taille ». L’entrepreneuse souligne d’ailleurs que les morphologies ne sont pas les mêmes selon les âges et les géographies.

Créée il y a sept ans à Valence dans la Drôme, Euveka cible les maisons de luxe et maisons de couture ainsi que le prêt-à-porter. Son invention, qui a nécessité près de six ans de R&D avant de voir le jour il y a un an et demi, était en test client en 2017. Aujourd’hui, Audrey-Laure Bergenthal affirme que son carnet de commandes est quasiment bouclé pour cette année, pour 80 mannequins-robots.

Les premiers seront livrés à partir du printemps, pour des locations à 3.000 euros par mois. LVMH (propriétaire du groupe « Les Echos ») devrait faire partie des premiers partenaires de la start-up.  Le groupe vient de lancer un programme d’incubation à Station F à Paris que la jeune pousse a rejoint.

Depuis que son produit a été mis au point, Euveka a fait un bond. La société est passée de trois à 27 salariés l’an dernier. « On va tripler les effectifs d’ici à la fin 2018 », ajoute sa fondatrice, qui indique avoir levé 2 millions d’euros il y a plusieurs mois sans donner le nom des investisseurs.

Une seconde vie professionnelle

Juriste en propriété industrielle de formation, Audrey-Laure Bergenthal a un parcours peu commun. Alors qu’elle devait poursuivre sa formation dans une université américaine, elle décide de changer de voie en voyant sa mère « se plaindre de ne pas trouver des vêtements à sa taille », dit-elle. « J’ai regardé comment on faisait des vêtements et découvert que c’était resté très artisanal », raconte l’entrepreneuse. La jeune femme s’est alors lancée à l’époque dans un BTS stylisme-modélisme et a travaillé dans le prêt-à-porter pour découvrir cet univers, avant de lancer son entreprise sur fonds propres. Au CES, elle confie : « J’ai créé l’outil dont je rêvais. »

Anaëlle GRONDIN

Source : Les Echos 
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