1 année ago
1390 Views

Lettre aux jeunes femmes qui souhaitent réussir professionnellement

Isabelle BARTH11
  • banner
  • banner

Chères étudiantes, chères jeunes entrepreneuses, chères futures managers,

Vous allez commencer une vie professionnelle dans quelques mois ou quelques semaines. Je voudrais vous donner quelques conseils, qui, je l’espère, vous permettront d’éviter des déceptions professionnelles. En effet, mon expérience partagée avec d’autres femmes dirigeantes, me laisse penser qu’il existe un échec « au féminin », qui présente un ensemble de caractéristiques identifiables. C’est à partir de cette analyse que je tire quelques enseignements que je souhaite vous communiquer.

1er conseil : « Ne jouez pas les soubrettes »

Trop de jeunes femmes s’installent en position basse vis-à-vis des hommes de leur entourage, supérieurs hiérarchique ou même collègues, alors qu’elles ont largement les

compétences pour les challenger. Revendiquez le premier rôle !

2ème conseil : « Ne vous mettez pas en position d’être responsable de tout»

Beaucoup de femmes, certainement du fait de leur éducation, se trouvent en situation de se sentir responsables de tout, de faire à la place de leurs collaborateurs ou de leurs collègues. Leur temps et leur énergie sont alors investis au profit de tiers, à leur propre détriment. Quand on sait que le « faire-savoir » est au moins aussi important que le « faire », cette capacité à se mettre en avant doit être cultivée par les femmes dirigeantes ou en devenir.

 3ème conseil : « Avancez sans vouloir que tout soit parfait »

Vouloir que tout soit « au top » amène à se noyer dans des tâches chronophages, et certainement aussi à se polariser sur les détails alors que c’est la « big picture » qu’il faut privilégier dans les débats stratégiques, mais aussi dans le cas de promotion.

4ème conseil : « Travaillez pour le projet commun mais pensez aussi à votre projet personnel »

En effet, dans chaque projet mené à plusieurs ou au service du bien commun, s’organise un jeu de contribution –rétribution, les femmes qui portent ce type de missions, sont souvent dans un déséquilibre en leur défaveur : elles vont donner beaucoup et recevoir beaucoup moins.

5ème conseil : « Ne pensez pas que la performance suffit »

La performance est nécessaire, voire indispensable, mais n’est pas suffisante. Il va falloir vous faire violence et penser que l’atteinte des objectifs est souvent une question de point de vue, car ce ne sont pas les résultats en soi qui comptent mais l’interprétation que vont en faire les parties prenantes. Ce que vous avez pensez avoir mené de façon efficace et efficiente peut être apprécié par d’autres de façon beaucoup moins positive, parce que ça ne leur convient pas, parce que l’idée qu’ils se font du projet et des résultats attendus sont en fait très différents.

6ème conseil : « Encouragez d’autres femmes à avoir des promotions »

C’est ce qui fera la différence, car à moins de 35% de femmes, on ne pèse pas dans les réseaux informels qui font et défont le monde du travail.

7ème conseil : « Parlez de VOUS, imposez-vous, n’effacez pas votre vie privée.”

Osez-vous livrer, parlez de votre couple, de vos enfants … sans complexes, sans craindre que ça n’entrave votre carrière ». En un mot : « assumez votre féminité».

8ème conseil : « Ne négligez pas le politique »

A un certain niveau de la hiérarchie et du niveau de projet, d’autres logiques que la seule logique économique se mettent à l’œuvre, les décoder prend du temps mais ce n’est pas à négliger si on veut continuer à progresser.

9ème et dernier conseil : « N’oubliez pas que vous êtes une femme »

et que, même en 2016, même en France, les codes qui régissent les entreprises sont et restent masculins. Dont acte !

Chères étudiantes, chères jeunes entrepreneuses, chères futures managers, il m’a paru intéressant de vous livrer le fruit de l’expérience partagée par des femmes plus expérimentées, qui ont vécu des échecs ou des remises en cause violentes, ou qui, plus simplement, n’ont pas su se mettre en situation de progression professionnelle, alors qu’elles le désiraient et en avaient les compétences.

Par Isabelle BARTH, Professeure des Universités et chercheure en Management

Source: Isabelle BARTH

  • banner
  • banner