1 année ago
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Les musiciennes classiques existent !

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Combien de femmes sont cheffes d’orchestre ou compositrices ? Si peu. Être femme leur barre la route. Mais la détermination de certaines a ouvert la voie. Avec succès.

Le paravent dans les auditions d’orchestre facilite-t-il l’embauche de musiciennes ? Peut-on laisser les musiciennes s’habiller comme elles le veulent ? Autant de questions que la journaliste Aliette de Laleu pose dans sa chronique hebdomadaire dédiée à la musique classique et au genre sur France Musique.

La chroniqueuse nous rappelle que « certains orchestres refusaient encore des musiciennes il y a quelques dizaines d’années. Le sexisme y existe comme dans tout milieu, et les hommes occupent plus de places importantes : solistes, directeurs, chefs ou musiciens d’orchestre. Ce qui est assez contradictoire car la proportion de femmes qui sortent diplômées de conservatoires est plus importante. » Quand elles ne furent pas sous-estimées par les mâles de la famille, les compositrices, appréciées à Versailles comme à Vienne, ont été oubliées par l’histoire.

Fanny Mendelssohn, pourtant très douée, resta dans l’ombre de son frère et reçut de son père une lettre fatale à son ambition en 1820 : « La musique deviendra peut-être un métier pour Félix, alors que pour toi elle doit rester seulement un agrément. » Ces propos poussiéreux trouvent des resucées de nos jours, comme lorsqu’en 2013 Bruno Mantovani, directeur du Conservatoire national supérieur de Paris, expliquait que « le métier de chef d’orchestre est compliqué (…). Une femme qui va avoir des enfants va avoir du mal à avoir une carrière. »

La Canadienne Barbara Hannigan, conduisant récemment le Ludwig Ensemble d’Amsterdam, lui donne tort, et elle n’est pas la seule. Inspirée par les cheffes d’orchestre américaine Marin Alsop et mexicaine Alondra de la Parra, la Franco-Américaine Uèle Lamore, 23 ans, a créé à Paris l’Orchestre Orage, plus contemporain. Il ne détonne pas seulement parce que les trois quarts de son effectif sont des femmes mais aussi grâce à ses compositions originales. Elle a appris très jeune la guitare, puis le beatmaking sur YouTube, avant de rejoindre le Musicians Institute, à Los Angeles, puis
Berklee, à Boston, en composition classique et direction d’orchestre. Elle souhaite depuis « dépoussiérer un milieu qui s’est trop enfermé sur lui-même, au point d’en oublier qu’on vit au XXIe siècle ».

La chronique d’Aliette de Laleu, le lundi à 8h53 sur France Musique, Orchestre Orage, le 24 novembre à Paris (Hasard ludique), Barbara Hannigan , le 13 décembre à Aix-en- Provence (Grand Théâtre de Provence).

Charline LECARPENTIER

Source : Marie Claire

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