Pourtant, la conférence de Davos a souvent été pointée du doigt comme étant un univers exclusivement masculin, le «talon d’Achille» des femmes. Malgré un nombre croissant de participantes et l’instauration d’un quota pour les grandes entreprises (une femme pour 4 hommes) en 2011, elles sont encore trop peu représentées. L’année 2016 a atteint un record négatif avec seulement 21% de présence féminine sur 3000 participants.

Les femmes, grandes argentières du monde

Il était donc urgent d’agir. Faut-il encore rappeler que de nombreuses femmes sont aujourd’hui à la tête des grandes institutions et des plus grandes entreprises mondiales ? Certaines sont d’ailleurs déjà passées par Davos. Comme Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, Kemi Adeosun, ministre des Finances du Nigéria depuis 2015, Mary Barra, directrice générale de General Motors, Ursula Burns, CEO de Xerox, qui se revendiquent comme les ambassadrices du «club des grandes argentières».

«Cette année, les coprésidentes représentent à la fois les secteurs public et privé mais aussi les organisations internationales, les organisations scientifiques, la société civile et l’entreprenariat social», a déclaré le World Economic Forum (WEF) en novembre 2017, lors de l’annonce des noms des présidentes.

La clé de la réussite économique ?

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses études révèlent des corrélations entre la présence de femmes aux postes de direction et la performance d’une entreprise. Déjà en 2007, la société de conseil McKinsey & Company publiait une étude qui établissant un lien frappant «entre l’excellence organisationnelle et la présence de femmes aux organes de direction». Cette étude se basait sur neuf critères précis : leadership, vision, environnement de travail et valeurs, responsabilité, coordination et contrôle, compétences, motivation, innovation et ouverture sur l’extérieur. Elle révélait également que la mixité d’une entreprise été devenue un critère déterminant pour les marché financiers et les investisseurs.

Ce phénomène s’observe également dans les PME. En 2013, la société de conseil Women Equity a étudié de près 40.000 petites et moyennes entreprises et montré que celles qui sont dirigées par des femmes sont plus nombreuses à connaître une croissance significative de leur chiffre d’affaires que celles dirigées par des hommes. Selon la présidente de Women Equity, Dunya Bouhacene, les femmes rencontrent tellement d’obstacles à surmonter pour parvenir à des postes à responsabilité qu’elles sont «significativement plus armées, plus structurées et plus musclées» que leurs congénères masculins.

Amélioration des conditions de travail

Par ailleurs, la présence de femmes dans les entreprises serait souvent à l’origine de l’amélioration des conditions de travail et du bien-être selon l’Agence nationale des conditions de travail (ANACT). Dans un rapport, l’association révèle que la mixité réduirait significativement l’absentéisme, le stress, les accidents de travail ou encore l’usure professionnelle et le taux de turnover. Dommage alors qu’il faille encore attendre deux cent seize ans pour parvenir à une parfaite parité…