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Les Conseils d’administration parisiens sont les plus féminisés au monde

Le figaro
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Paris s’impose comme la place économique comptant le plus de femmes dans les conseils d’administration, selon un classement de Dell Technologies. Tous critères confondus, elle occupe la huitième place au classement de celles qui dopent l’entrepreneuriat féminin.

Paris aime les entrepreneuses. En 2019, la capitale française devient la deuxième grande ville européenne, après Londres (3ème du classement) et avant Stockholm (10ème) à encourager l’entrepreneuriat des femmes, indique un classement établi par Dell Technologies.

À l’échelle mondiale, comparée aux épicentres technologiques des deux hémisphères (New York, Séoul, Barcelone, Tel Aviv, Amsterdam, Sydney, Singapour, Tokyo…) la ville lumière serait la huitième au monde à favoriser l’entrepreneuriat féminin. Une position de choix acquise à la force du poignet: Paris a gagné quatre places par rapport au classement précédent, en 2017.

L’étude, publiée le 15 juillet, se fonde sur 71 indicateurs dont 45 liés au genre, et prend en compte le dynamisme des investissements, les talents sur place, l’égalité de l’accès au capital financier, la culture de l’entrepreneuriat féminin, le dynamisme technologique.

Les Françaises en tête aux conseils d’administration

Le classement est nettement dominé par les villes américaines. San Francisco arrive en tête, suivi par New York et Londres. Viennent ensuite des villes américaines réputées pour leur dynamisme et leurs universités de prestige – Boston, Los Angeles – puis Washington DC (6ème), et la ville d’Amazon, Seattle (7ème).

« De plus en plus de fonds d’investissement se tournent vers des start-up fondées par au moins une femme » Delphine Remy-Boutang, directrice de la Journée de la Femme Digitale

En France, la capitale se distingue par le nombre de femmes à des postes stratégiques. L’étude pointe que la France est pionnière à ce niveau: les femmes représentent 44% des conseils d’administrations des entreprises, alors que la moyenne se situe à 28% pour les 50 grandes villes comptabilisées dans l’étude. Un résultat que l’on doit à la loi Copé-Zimmermann de 2011, fixant un quota obligatoire de 40% de femmes dans les conseils d’administration. À échelle régionale, l’Europe se situe à 26%, là où Amérique du Nord et le Moyen Orient oscillent à 18%.Le capital, nerf de la guerre

À Paris, l’accès aux capitaux, nerfs de la guerre pour tout entrepreneur, est particulièrement propice aux femmes. La ville arrive cinquième pour ce critère, après Stockholm (septième), Tokyo (huitième) ou encore Seattle (neuvième). Les structures accompagnant les femmes se multiplient, tant au niveau des financements (fonds d’investissement) qu’au niveau des projets (incubateurs). À Station F, plus grand incubateur d’Europe, Roxanne Varza, sa présidente, s’est engagée à augmenter de 40% le nombre de femmes incubées. «De plus en plus de fonds d’investissement se tournent vers des start-up fondées par au moins une femme», remarque Delphine Remy-Boutang, directrice de la Journée de la Femme Digitale, événement visant à rassembler les femmes travaillant dans le numérique.

Ces entreprises sont soit des fonds d’investissement destinés aux femmes, soit des structures fondées par des femmes, comme OneRagtime dirigé par Stéphanie Hospital, ou daphni, fondé par Marie Ekeland. «Ces fonds d’investissement soutiennent des projets qui leur sont chers avec un regard différent que celui des fonds d’investissement majoritairement masculins», explique l’entrepreneuse.

Réseaux d’entraide et networking

Et c’est justement au niveau du dynamisme du critère «marché» que la France se distingue particulièrement, arrivant cinquième du classement, après Chicago et avant Washington.

«Paris, en tant que capitale économique et financière européenne, présente un écosystème entrepreneurial fort dont les femmes profitent», remarque Delphine Remy-Boutang, directrice de la Journée de la Femme Digitale, événement visant à rassembler les femmes travaillant dans le numérique.

Une observation qui se vérifie à échelle mondiale: San Francisco, New York et Londres, en tête du classement, sont aussi au cœur des finances mondiales avec des écosystèmes propices à l’aventure entrepreneuriale.

« Les entrepreneuses sont très sensibles à l’entraide » Inès Leonarduzzi, CEO de Digital for the Planet

Autre point saillant, la multiplication de réseaux féminins. «Les entrepreneuses sont très sensibles à l’entraide», estime Inès Leonarduzzi, fondatrice et CEO de Digital for the Planet, une entreprise développant des solutions numériques à impact carbone réduit, et «young leader franco-britannique 2019/2020». Comme d’autres entrepreneuses, elle donne 6 à 8 heures de mentorat hebdomadaires pour conseillers les nouvelles arrivantes sur le marché.

Des initiatives de networking, comme 50inTech, un LinkedIn pour femmes lancé en 2018, le club de la Journée de la Femme Digitale en 2017, et l’émergence de nombreux réseaux féminins intra-entreprises expliquent le dynamisme de la scène parisienne.

Efforts à poursuivre

Sur les 50 villes étudiées, trente ont amélioré plus de la moitié de leurs indicateurs, notamment en Europe et en Amérique latine, où l’on observe le plus haut pourcentage de villes en progression. Mexico City, notamment, est de toutes les villes celle qui a enregistré la meilleure progression, passant de la 45ème place en 2017 à la 29ème cette année, en améliorant notamment ses performances dans l’insertion des femmes dans les établissements d’éducation supérieure et écoles de commerce.

Toutefois, le meilleur score, obtenu par la baie de San Francisco, n’excède par les 63,7 sur un barème de 100 points possibles. La note médiane frôle les 40/100. Cela prouve qu’il reste encore beaucoup à faire pour l’égalité des chances. «Le manque de financement, le coût élevé de la vie, le manque de politiques gouvernementales propices à l’entrepreneuriat féminin figurent parmi les obstacles majeurs au niveau mondial», note l’étude.

«L’accès au financement est le dernier plafond de verre», défend la directrice de la Journée de la Femme Digitale. «Il faut plus de femmes du côté des financeurs pour qu’elles défendent des projets qui correspondent à leurs besoins et qui les intéressent.» Pour Inès Leonarduzzi, les aides à l’entrepreneuriat «sont encore peu organisées. Les femmes souffrent encore d’un déficit d’information qui ne leur permet pas de profiter de toutes les offres à leur disposition.»

D’autres problèmes demeurent, comme le manque de confiance en soi ou le manque de modèles féminins de référence. Mais les entrepreneuses sont d’accord: il n’a jamais été aussi enthousiasmant de se lancer en tant que femme.

Esther Attias

Source : Le Figaro

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