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Le Medef veut féminiser ses instances et se démocratiser

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C’était l’une de ses promesses de campagne. Un an après son accession à la tête du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a présenté à Paris un projet de réforme de la première organisation patronale. Il veut faire une plus grande place aux femmes, aux territoires et à la société civile en plaidant pour une croissance responsable. Ce texte sera soumis à un vote le 2 juillet.

Le Medef va se féminiser. Il était temps. Ses instances ne comptent que 8 % de femmes. Elles seront bientôt 30 %, un pourcentage correspondant au nombre de femmes chefs d’entreprise précise le président du Medef. La réforme présentée hier ne s’arrête pas là. La première organisation patronale, 173 000 adhérents, va aussi créer une plateforme pour dialoguer avec les ONG.

Désormais, le Medef jouera aussi la carte de la transparence dans son financement. Quitte à se lancer dans un programme d’économies pour assumer cette décision. Le Medef va en effet renoncer au financement dont il bénéficiait dans le cadre des organisations paritaires : Unedic, Apec… Coût 4,4 millions d’euros. « Ce type de financement fait régulièrement l’objet de critiques et on peut le comprendre,observe Geoffroy Roux de Bézieux. Nous votons des crédits dont nous bénéficions. »

Reste à savoir si les autres organisations syndicales vont suivre cet exemple. « C’est une décision unilatérale. Chacun est libre. » L’objectif est en tout cas à terme de ne plus dépendre pour son financement que des cotisations de ses adhérents. Le syndicat veut aussi se rapprocher des territoires. Leur poids va être réévalué dans l’assemblée électorale pour passer 31 % à 40 %. Même souci de proximité au sein du conseil exécutif où leur présence va également être renforcée.

Faire face à « un contexte de défiance face aux élites »

Le Medef veut par ailleurs se rapprocher de la société civile. Les corps intermédiaires sont chahutés. « 31 % seulement des Français déclarent leur faire confiance », souligne Geoffroy de Bézieux en s’appuyant sur un sondage Elab. Et si, toujours selon un sondage, le Medef bénéficie d’une bonne image (67 %) auprès des chefs d’entreprise, ce n’est pas suffisant. « Nous sommes dans un contexte de défiance face aux élites. »

Les entreprises doivent désormais aussi compter avec la pression sociétale : rémunération, environnement, défi climatique, un autre dialogue reste à construire. D’où la proposition de créer une plateforme pour débattre avec les ONG. Accepter de se remettre en question. « Rien n’est permanent sauf le changement », observe Geoffroy Roux de Bézieux en citant le philosophe grec Héraclite.

Patrice MOYON

Source : Ouest France

 

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