1 année ago
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La véritable égalité passe par l’homme blanc

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J’ai eu le privilège de participer récemment à une soirée de témoignages du réseau Femmes d’exception. Invité à y donner une conférence, j’ai eu la chance d’entendre des témoignages extrêmement touchants de deux femmes inspirantes que sont Caroline Codsi de l’organisme La Gouvernance au féminin et de l’entrepreneure Danièle Henkel.

C’est à la naissance de ma première fille, Victoria, que j’ai commencé à réfléchir à la place de la femme en entrepreneuriat. Étonnamment, ayant bâti PUR vodka avec ma femme Karolyne dès le premier jour, le sujet ne m’avait jamais interpellé, peut-être aveuglé par les multiples défis auxquels nous faisions face.

Sa naissance m’a ouvert les yeux sur une triste réalité. Bien qu’il y ait au Québec des entrepreneures et femmes d’affaires exeptionnelles telles Anne Marcotte, Christiane Germain, Cora Tsouflidou ou plus récemment Caroline Néron et Andréanne Marquis, elles restent, malheureusement, une infime minorité.

Au fil des témoignages, je réalisais à quel point la situation était problématique. Bien qu’énormément d’efforts ont été faits au cours des dernières années, il reste encore beaucoup de chemin à faire.

Depuis quelques années, nous vivons la transition d’une génération à l’autre qui aidera, je l’espère, à rétablir l’équilibre. Que ce soit la place de la femme, des jeunes, des minorités ou des autochtones, les efforts doivent s’accentuer afin d’avoir sous peu des résultats concrets.

Le Québec regorge de personnes de toutes origines ayant, à ce jour déjà un immense impact positif envers notre société. De Fabrice Vil à Gabriel Bran Lopez en passant par Marie-Cécile Nottaway, nous allons nous réveiller sous peu dans une société bien différente que celle d’aujourd’hui où les inégalités n’auront peut-être pas disparu, mais à tout le moins beaucoup diminué, je l’espère.

La responsabilité revient à l’homme blanc. À l’immense majorité de ceux qui dirigent une grande entreprise, à ceux qui dirigent nos provinces, à celui qui dirige notre pays. Je ne nomme personne volontairement car tous doivent rejoindre le mouvement. Le message est simple: nous ne pouvons pas nous passer de toute cette richesse inexploitée.

Le changement de garde que l’on vit présentement est l’occasion unique afin d’agir.

Attention! Évitons de quitter une problématique pour une autre. Vous me connaissez, je suis un ardent défenseur de la compétence et ne suis pas le plus grand partisan de ce qu’on appelle la discrimination positive. À mes yeux, nous ne diminuerons jamais les inégalités si nous ne faisons que transférer le problème d’une population à une autre.

Les problématiques étant différentes, les solutions sont donc multiples et complexes. Francisation, éducation, santé publique, font toutes partie de la solution.

En tant qu’entrepreneur, je suis convaincu que nous avons un rôle de leader à prendre. Nous sommes au premier rang du marché du travail et avons le pouvoir de faire bouger les choses.

Je veux que mes filles grandissent dans une société où elles auront autant de chance que moi de réussir. Je veux que Karolyne ne soit plus considérée uniquement comme ma femme, mais aussi comme ma partenaire d’affaires, et ce, à juste titre. Je veux que ma sœur ait accès au poste de direction qu’elle espère atteindre sans avoir peur de fonder une famille.

La véritable égalité n’est pas celle où tous sont égaux, c’est celle où tous peuvent vivre la vie qu’ils veulent.

Nicolas DUVERNOIS, Fondateur et PDG de PUR vodka & romeo’s gin

Source : Les Affaires

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