9 mois ago
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La parité, accélérateur de la croissance

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Le taux de féminisation est encore faible dans les postes de responsabilité. Le Maroc en retard par rapport au reste de l’Afrique.

Le cabinet McKinsey réalise, depuis 2007, une série d’études relatives à la diversité et à la présence de femmes dans des postes de responsabilité. Présenté à l’ISCAE, le dernier rapport Women Matter Africa relève une progression en matière de représentation des femmes en Afrique, entre autres. Cependant, l’égalité d’accès aux postes de responsabilité entre hommes et femmes est encore utopique, surtout au Maroc.

Au Maroc, l’étude révèle que la mixité des cadres dirigeants est de façon générale moins bonne qu’en Afrique et ce, quel que soit le secteur d’activité. Dans les télécoms, média, loisirs et technologies, les femmes représentent 22% des cadres, alors que la moyenne africaine s’établit à 28%. Cette moyenne chute à 9% dans le secteur de l’industrie lourde et celui de l’énergie et des mines, là où la moyenne africaine s’établit à 22%.

Un autre grand écart est aussi constaté dans la grande distribution et consommation. Au Maroc, elles sont à peine 11% de femmes dans des postes de responsabilité contre 29% sur le reste du continent! Dans le tourisme, transport et logistique, 21% de femmes dirigeantes sont en activité, alors que la moyenne africaine est de 30%.
Dans un contexte plus global, les femmes composent certes la moitié de la population en âge de travailler, mais elles ne produisent que 37% du produit intérieur brut mondial.

En effet, seules 64% des femmes en âge de travailler participent à l’économie. Si la proportion féminine atteignait le niveau de son homologue masculine, cela engendrerait une augmentation radicale du PIB mondial (+26%), soit 28.000 milliards de dollars supplémentaires, d’ici à 2025. Un montant équivalent au poids économique combiné des Etats-Unis et de la Chine.

C’est la raison pour laquelle McKinsey a développé un second scénario de réduction des inégalités hommes femmes, dans lequel toutes les nations d’une région donnée du monde combleraient ce fossé au même rythme que la meilleure d’entre elles. Résultat: un coup de fouet du PIB global de 12 millions de dollars en 2025, et un doublement du PIB produit par des femmes par rapport à la situation actuelle.

En Europe de l’Ouest, par exemple, tous les pays devraient suivre l’exemple de l’Espagne qui a, entre 2003 et 2013, réduit le fossé en matière de participation à l’économie de 1,5 point de pourcentage par an. A ce rythme, 74% des femmes en âge de travailler seraient professionnellement actives en 2025, soit 10 points de pourcentage de plus qu’aujourd’hui.

Plusieurs études publiées ces dernières années abondent dans le même sens, même si le rapport de McKinsey les dépasse toutes sur le plan des effets potentiels sur le PIB. En septembre 2013, le FMI (fonds monétaire international) avait dévoilé les conclusions d’un rapport baptisé Women, Work, and the Economy, selon lesquelles, si le nombre de femmes au travail était porté au même niveau que celui des hommes, le PIB progresserait de 34% en Egypte, de 12% aux Emirats arabes unis, de 9% au Japon et de 5% aux Etats-Unis.

Quid de la méthodologie? 

Le rapport Women Matter, outil d’analyse de la mixité dans les instances dirigeantes en Afrique, s’appuie sur des enquêtes menées au sein de 55 grandes entreprises basées en Afrique, sur des entretiens avec 35 femmes dirigeantes d’Afrique et sur une analyse des performances financières de 210 entreprises cotées sur 14 places boursières africaines.

Reda BENOMAR

Source : L’Economiste

Crédit photo : RFI

 

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