4 semaines ago
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La mixité des associés génère plus de performance économique

Les Echos
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Les cofondatrices sont appréciées, recherchées même par les structures d’accompagnement. La mixité est un gage de diversité et de performance.

« Cofonder des start-up en mixte est une véritable tendance chez les jeunes », observe Viviane de Beaufort, professeure à l’Essec. « Depuis peu, elles ont bien compris que, dans les concours ou les conférences, on cherche des fondatrices, c’est in the mood », insiste la fondatrice du Club Génération #Startuppeuse. D’autant que, dans cet univers encore majoritairement masculin, il est compliqué pour les femmes d’entreprendre seules.

« Entreprendre, c’est difficile, alors entreprendre seule, non, ce n’était pas pour moi », reconnaît Charlotte Cadé, cofondatrice de Selency , une plate-forme qui met en relation des brocanteurs et des acheteurs d’antiquités. C’est avec son compagnon, Maxime Brousse, que la jeune Bordelaise s’est lancée dans l’aventure. « Nos tempéraments se complètent bien. Je suis plutôt cash et pointilleuse. Lui, il est plus souple, il va à l’essentiel. »

Des rôles moins genrés

Pour les femmes, s’associer en équipe mixte peut être une véritable stratégie. Cela rassure les investisseurs, les fournisseurs, voire les clients les plus frileux. « Ca les rassurait que nos profils soient équilibrés », explique Caroline Ménager, cofondatrice de la néo-banque Pixpay. Avec Benoît Grassin et Nicolas Klein, tous deux également à l’origine de MonDocteur, ils forment un trio complémentaire : deux entrepreneurs expérimentés, et une spécialiste du marketing.

La complémentarité, c’est la qualité nécessaire à toute équipe, mixte ou pas. « Il fait ce que je n’aime pas faire et inversement », expose Mathilde Collin, qui a cofondé FrontApp avec Laurent Perrin. Leur création, un outil qui centralise mails et messages pour les membres d’une même équipe. « Je cherchais un cofondateur technique, car ce ne sont pas mes compétences. Entre Laurent et moi, il n’y a pas de compétition, seulement du respect et de la confiance. »

Mais, dans les équipes mixtes, un risque perdure : que les tâches se répartissent de manière genrée. « Les hommes se chargent pratiquement tout le temps des finances et de la technique. Les femmes prennent en main la communication et le marketing », déplore Viviane de Beaufort. Alors, il faut savoir dépasser les clichés… Clémence Franc a fondé NovaGray avec le médecin-chercheur David Azria. A deux, ils produisent des tests pour identifier les patients qui ne supporteraient pas la radiothérapie dans le traitement de leur cancer. « J’ai rejoint David avec ma casquette d’entrepreneuse. Avec mon profil technique, je porte l’entreprise, et il s’occupe de la partie clinique. Notre duo est atypique, mais il fonctionne ! », souligne Clémence Franc.

Plus de diversité

La mixité des équipes de dirigeants possède de nombreux atouts. « Elle permet aux entreprises d’élargir leur angle de vue », commence Béatrice Rousset, coach de dirigeants et auteure de « Stratégie Modèle Mental » aux éditions Diateino. Elle attire aussi les talents féminins.« Avoir des femmes dans l’équipe permet d’en recruter plus », poursuit Caroline Ménager, cofondatrice de PixPay. Elle favorise la diversité. « Le fait que je sois une femme m’a sans doute aidée à avoir une équipe plus diverse », assure Mathilde Collin, dont l’entreprise compte environ 130 personnes, dont 45 % de femmes.

Au final, les équipes mixtes s’avèrent être un bon accélérateur de croissance. Un argument de poids à opposer aux grincheux… « Certains fonds d’investissement nous ont tourné le dos parce qu’il y avait une femme dans l’équipe, sans nous le dire clairement », explique Charlotte Cadé, cofondatrice de Selency. « Dans certaines réunions, on ne regardait que mon associé Maxime, et pas moi. »Dommage pour ces investisseurs mal avisés. Car, selon une étude du cabinet Global Contact en 2016, les équipes mixtes affichent des performances 20 % supérieures à celles des équipes masculines.

CHLOE BARBAUX ET AIMEE GOUSSOT

Source : Les Echos

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