Les femmes reçoivent un salaire net moyen “inférieur de 23,7% à celui des hommes dans le privé”, rappelle Xerfi. Un chiffre, certes très évocateur, mais qui, à en croire Alexandre Mirlicourtois, est “un chiffre idiot qui fait abstraction de toutes les autres variables qui modèlent le marché du travail”. Pour s’en convaincre, le directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi souligne d’abord que “ce n’est pas tant le salaire qui est en cause que l’accession des femmes aux postes les plus rémunérateurs”. En effet, qu’il s’agisse de choix de formation, de carrière ou de vie, qu’ils soient “imposés par les normes sociales ou, question taboue, par le particularisme entre masculin et féminin”, tous ces choix complexes sont à l’origine des écarts de rémunérations observés et vont “bien au-delà du seul périmètre de l’entreprise.”

Prenons la formation. Comme le rappelle Alexandre Mirlicourtois, “c’est l’une des clés pour accéder aux professions les mieux rémunérées”. Malheureusement, si les jeunes filles décrochent de meilleurs résultats que les garçons à l’école, “elles n’ont pas le même parcours scolaire” note-t-il. Ainsi, “les filles se dirigent majoritairement vers les séries générales littéraires et les sections technologiques tertiaires”, observe-t-il. Dans le détail, “même en terminale S, la voie royale en France, des différenciations genrées très marquées persistent dans le choix de l’enseignement de spécialité : 50% des filles se retrouvent, par exemple, en SVT, les sciences de la vie et de la terre et seules 5% optent pour l’informatique et les sciences numériques et 3% pour les sciences de l’ingénieur”.

Alors que parmi les garçons, “seuls 26% se dirigent vers les SVT ; 10% optent pour l’informatique et les sciences numériques et 18% pour les sciences de l’ingénieur”, constate notre expert. Au total, estime Xerfi, hormis dans le médical, “les femmes restent minoritaires dans les cursus à la fois scientifiques et sélectifs”, ce qui fait penser que cette discrimination est d’abord portée par l’Education nationale et non par les seules entreprises.