3 mois ago
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France : Pascale Clara, nouvelle présidente de Malemort XV, seule femme occupant ce poste parmi les premiers clubs de France

Pascale Clara
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Nommée présidente de l’EVMBO à l’intersaison, Pascale Clara a grandi sur les terrains de rugby, au plus près d’un monde constitué majoritairement d’hommes, où elle est devenue la seule femme présidente d’un club de Fédérale.

L’histoire d’amour entre le rugby et la famille Clara commence bien avant que la petite Pascale ne voit le jour. Son père, Pierre, né à Brive en 1933, créé le club d’Orsay en 1955, aujourd’hui en Fédérale 2, tout comme Malemort.

Accompagnant son paternel aux quatre coins de la France sur les différents terrains de rugby, Pascale Clara a appris à vivre avec les valeurs de l’ovalie. Des valeurs qu’elle partage aujourd’hui avec son club de Malemort, avec lequel une nouvelle histoire s’écrit pour celle qui est devenue, en ce début de saison, la seule femme présidente de club parmi les 172 de Top 14 à Fédérale 2.

« J’ai appris à marcher sur un terrain de rugby »

« J’ai appris à marcher sur un terrain de rugby. J’ai toujours vécu dans ce milieu-là, entourée de mecs, c’est quelque chose qui me plaît. Les valeurs que l’on voit dans ce sport sont compliquées à retrouver dans la vie de tous les jours », explique Pascale Clara, tout fraîchement promue présidente de l’EVMBO. En plus d’un père amoureux de l’ovalie, la Parisienne de naissance mais Briviste de cœur, a aussi eu droit à un international français au sein de sa famille. Son oncle, Jean-Marie Cadieu, a en effet porté le maillot frappé du coq à douze reprises, tout en étant le capitaine du Stade toulousain : « Je me suis toujours rendue dans les stades et quand je ne pouvais pas y aller, je suivais les matchs à la télé. Un ami de mon père avec qui il a créé le club travaillait aussi à la fédération et s’occupait de l’accueil des sélections étrangères. Donc souvent, je voyais les Blakcs ou les Australiens qui s’entraînaient sur nos terrains, c’était génial. »

Arrivée à Brive à l’automne 1992, Pascale Clara a fait toutes ses études à Paris avec notamment une prépa HEC et une école supérieure de gestion. Travaillant dans des domaines divers et variés, la nouvelle présidente de l’EVMBO n’est arrivée au club qu’en 2016 : « Ma fille la plus jeune est arrivée au club avant moi. Elle joue au rugby ici depuis cinq ans en double licence avec le CAB. Quand j’ai débarqué au club, c’était simplement pour un rôle de bénévole et pour suivre ma fille au rugby. Je me suis énormément attachée aux gens qui sont présents ici et qui réalisent un super travail. C’est une vraie famille et cela se ressent à tous les niveaux. »

À la tête d’une institution créée dans les années 50, Pascale Clara se retrouve donc aujourd’hui avec bien plus de responsabilités que lorsqu’il fallait servir des demis aux adeptes du dimanche après-midi.

 Une touche féminine dans ce monde de brutes

« Jamais de la vie je n’aurais imaginé me retrouver à ce poste un jour. C’est évident que c’est un investissement et un sacré boulot. Mais le reste de l’équipe de bénévoles est tellement bien que la quantité de travail ne me dérange pas. Et ça me fait même chier de me faire servir le café par ces personnes alors que c’est moi qui le servais l’année passée », reconnaît la néo-présidente malemortoise.

Unique en France du Top 14 jusqu’à la Fédérale 2, Pascale Clara vit son statut de seule femme présidente comme une fierté, d’abord, mais aussi comme un moyen d’apporter une touche de féminité dans ce monde de brutes qui sentent le huile de camphre à plein nez : « Bien évidemment que c’est une fierté. Mais je ne me sens pas différente des autres, loin de là. Je pense qu’une femme à la tête d’un club ça peut apporter beaucoup de choses. C’est une vision différente mais je ne crois pas que cela choque ou gêne les gens. Pour le moment, je n’ai pas encore eu de retours négatifs. » Et cette touche de féminité, Pascale Clara la retranscrit dans ses idées de maman poule : « Je veux que tout le monde se sente bien dans ce club. c’est une famille ultra-soudée et nous nous devons de montrer aux moins de six ans, jusqu’aux seniors, qu’ils comptent pour nous. Tout le monde à sa place dans ce club et je veux que chaque tranche d’âge s’en rende compte. Je suis en quelque sorte la maman de ce club » Afin de mettre en œuvre ses propos, la Parisienne a évoqué l’idée, par exemple, que tous les jeunes de l’école de rugby aient le même coupe-vent pour les jours de matchs. Ou encore la création cette semaine des “Vieilles chouettes”, une équipe composée de seniors, amoureux du rugby.

« Cela ne me fait pas peur, au contraire »

Femme de caractère avec un franc-parler que ses proches ne peuvent nier, Pascale Clara aborde sans trop d’appréhension cette première saison en tant que gouvernante générale : « Ce n’est pas un défi qui me fait peur. Après, on verra bien comment j’arrive à gérer tout ça mais j’ai une grande confiance en tous ceux qui m’entourent et je sais que je peux compter sur un bon nombre de personnes. »

Au niveau des ambitions du club, la nouvelle femme forte de l’EVMBO reconnaît que cette saison risque d’être compliquée. La nouvelle poule des Malemortois étant l’une des plus dures de Fédérale 2, Adrien Lebas et ses coéquipiers auront fort à faire s’ils veulent réussir un bel exercice : « Pour toute la partie rugby, terrain, tactique, je sais que je peux compter sur les mecs qui sont en place. J’espère que nous arriverons à nous maintenir le plus vite possible afin de pas trop se faire peur. Mais c’est vrai qu’avec cette poule on ne sait pas trop à quoi s’attendre. »

Quoi qu’il en soit, la nouvelle présidente malemortoise, annoncée à l’assemblée générale comme en intérim, compte bien honorer son poste de la meilleure des façons, pour le plus grand bonheur des amoureux de Raymond-Faucher.

Enzo Nicloux

Source : La Montagne

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