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France : Les femmes encore sous-représentées à la tête des grandes entreprises

Anne Rigail
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Anne Rigail (photo) est la première femme à accéder au poste de directrice générale d’Air France, signe d’une féminisation en progression des postes à haute responsabilité dans les grandes entreprises.

Une femme aux commandes d’Air France, c’est une première. Après avoir confié les rênes provisoires du groupe à une autre femme, Anne-Marie Couderc, qui a elle-même été confirmée dans ses fonctions de présidente du Conseil d’administration d’Air France-KLM, le conseil d’administration de la compagnie a nommé mercredi Anne Rigail au poste de directrice générale (DG) d’Air France, en remplacement de Franck Terner. Cette dernière s’approche du club encore très restreint des 9 femmes directrices générales ou présidentes de directoire des 120 grandes entreprises cotées en Bourse, telles qu’Isabelle Kocher (Engie), Valérie Chapoulaud-Floquet (Rémy-Cointreau), Julie Walbaum (Maisons du Monde), Christel Bories (PDG d’Eramet), Sophie Zurquiyah (CGG) ou encore Méka Brunel (Gecina).

«Elle n’est pas au niveau de Ben Smith (le directeur général du groupe Air France-KLM, ndlr), mais c’est déjà un signal très positif qui confirme ce mouvement de féminisation des instances dirigeantes des grandes sociétés que l’on observe depuis quelques années» salue Floriane de Saint Pierre, présidente et fondatrice d’Ethics & Boards, observatoire de données de gouvernance, qui dresse tous les ans depuis 2013, un palmarès de la féminisation des grandes entreprises. «La loi Copé-Zimmermann y est pour quelque chose» veut-elle croire. Votée en 2011, cette loi impose des quotas (40 %) de femmes au sein des conseils d’administration et de surveillance des entreprises cotées en bourse. «Il faut des quotas, sinon rien ne bouge», estime Floriane de Saint Pierre. «La France était à la traîne. Grâce à cette loi, elle devance tous les grands pays en termes de représentativité hommes femmes dans les conseils d’administration», poursuit cette cheffe d’entreprise.

Une féminisation des «Comex»

Et les chiffres le prouvent. Selon le palmarès 2018 de la féminisation des grandes entreprises du SBF 120, les femmes représentent 43,4% des membres des conseils d’administration et de surveillance de ces grandes sociétés cotées en Bourse. Elles font également une percée significative au sein des «Comex», les comités de direction de ces grandes entreprises, passant de 15,1% en 2017 à 18% en 2018. La France talonne ainsi la Grande-Bretagne qui compte 18,7% de femmes en 2018 au sein des entreprises côtés en bourse (FTSE 100), mais se hisse désormais loin devant l’Allemagne, où cette féminisation est moindre, avec 8,2% de femmes dans les comités de direction des entreprises du HDAX 160. «

On est toutefois encore loin de la parité. D’autant que les freins à l’entreprenariat féminin sont encore présents: stéréotypes, équilibre vie privée-vie professionnelle, besoin de faire ses preuves plus que les hommes. Selon une étude, du cabinet Korn Ferry, citée par Les Echos, avant de parvenir tout en haut de l’échelle, il leur faut en moyenne quatre ans de plus que les hommes. Et être passées par un plus grand nombre de postes, d’entreprises et de fonctions pour faire leurs preuves.

Clémentine Maligorne

Source : Le Figaro

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