1 mois ago
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France : Ces femmes que les conseils courtisent

Patricia Barbizet
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Les conseils d’administration recherchent des femmes qui ont une expérience de dirigeant ou des compétences dans le numérique.

« Trouvez-m’en une, et vite. » Ce mot d’ordre, les chasseurs de têtes l’ont beaucoup entendu il y a des années par des conseils d’administration en quête de femmes à tout prix pour répondre aux obligations de la loi Copé Zimmerman . Ce n’est plus le cas aujourd’hui dans les groupes du CAC 40. L’objectif des 40 % de femmes dans les conseils a été atteint. Pour la première fois, cette année, dans les conseils d’administrations, selon le Board Index de Spencer Stuart, il y a eu plus de femmes sortantes (15) qu’entrantes (12), signe que la France arrive à la vitesse de croisière en termes de renouvellement. Il n’y a donc plus de pression.

« Aujourd’hui, les critères de sélection sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes. Dans tous les cas, ce qui prime c’est la pertinence de l’expérience : il faut que le nouvel administrateur apporte une vraie valeur ajoutée au conseil. Et dans un deuxième temps, ce qui importe c’est la personnalité. Le candidat ou la candidate doit savoir faire entendre sa voix de façon efficace », explique Bertrand Richard, associé chez Spencer Stuart.

Il y a dix ans, certains conseils ont opté pour des personnalités en vue de l’establishment. Ainsi, Hermès a choisi Florence Woerth, et LVMH, Bernadette Chirac.

Rapidement, aussi, les postes ont été monopolisés par les quelques rares femmes qui avaient déjà eu des responsabilités de dirigeant. Parmi elles, Patricia Barbizet, ancienne directrice générale d’Artémis, vice-présidente du conseil de Kering, a siégé au conseil de Bouygues, d’Air France et de PSA. Véronique Morali, qui a quitté la direction générale de Chanel pour créer son site web Terrafemina, aujourd’hui présidente de Fimalac Développement, est passée au conseil de Valeo, de Club Méditerranée, d’Eiffage, de Publicis et Tesco. Quant à Anne Lauvergeon, ancienne PDG d’Areva, elle a été administratrice de Suez puis de GDF Suez, de Total, d’EADS, et de Safran.

Aujourd’hui, certaines de ces femmes ont toujours le vent en poupe. Patricia Barbizet a fait son entrée au printemps dernier au conseil d’AXA. Monique Cohen, qui a exercé des fonctions de direction chez BNP Paribas, actuellement directeur associé chez Apax Partners à Paris, a été nommée administrateur référent par le conseil de Safran, en mars. « Ce sont des femmes qui n’ont pas peur d’interagir avec les dirigeants et qui les challengent. Elles ont le même poids dans le conseil que des hommes ayant ou ayant eu une fonction de dirigeant d’une autre entreprise », explique un chasseur.

Les recherches se sont élargies au fil des années. Les femmes qui entrent dans les conseils ont rajeuni. Mais encore et toujours, celles qui ont un profil de dirigeante ou des compétences opérationnelles sont très courtisées. AXA a recruté Rachel Duan, directrice de General Electric en Chine.

Saint-Gobain vient de faire coup double dans son conseil en nommant Dominique Leroy, qui est à la fois dirigeante étrangère d’un groupe coté (le groupe de télécoms Proximus), et qui a des connaissances opérationnelles dans le monde de la distribution et aussi en transformation digitale.

Car les administratrices qui ont une vraie compétence sur le numérique sont également fort courtisées. Amélie Oudéa-Castera, ancienne joueuse de tennis professionnelle, ancienne directrice marketing, service et digital d’AXA France a rejoint le conseil de Carrefour. Quant à Fleur Pellerin, ancienne ministre de François Hollande, notamment en charge du numérique, elle vient d’être nommée administratrice chez Schneider.

Laurence Boisseau

Source : Les Echos

 

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