3 mois ago
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Financement des PME en Afrique : Difficultés et Solutions

Germaine NANFA1
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Qu’ils soient traditionnels ou alternatifs, internes ou externes à l’entreprise, la recherche des financements est régie par des grands principes suivants : l’adéquation au type d’investissement qu’ils supportent, leur coût qui dépend du niveau de risque (moins un financement est garanti, plus il sera cher) et le niveau d’autofinancement  (les fonds propres constituant la première source de financement de l’entreprise et servant de garantie aux créanciers).

L’accès au financement est une question essentielle à laquelle il y a lieu, pour tout chef d’entreprise, d’apporter des réponses adéquates. Malgré les évolutions notées aujourd’hui dans les différentes sources de financement ainsi que la multiplicité de celles – ci, plusieurs facteurs constituent des freins à l’obtention des financements par les PME en Afrique :

Un environnement caractérisé par : un système bancaire principalement organisé autour d’une multitude de banques commerciales qui n’ont pas pour vocation de financer des investissements à long terme avec des ressources à court terme, les difficultés rencontrées dans la réalisation des garanties, un dispositif institutionnel ne facilitant pas la circulation des données concernant les mauvais débiteurs et le renforcement des contraintes réglementaires (provisionnement des créances).

Les réticences des banques en raison: de leur évaluation du risque de crédit aux PME qui résulte de l’historique des défaillances observées, du rapport entre la rentabilité de certaines opérations et le risque de non remboursement qui pourrait en résulter et qui conduit les banques à concentrer les  financements sur le segment des grandes entreprises et les obligations publiques, de l’asymétrie de l’information financière car l’essentiel du tissu des PME Africaine évolue dans le secteur informel et donc n’est pas capable de fournir aux banques les documents légaux ou des états financiers.

Les difficultés dans la mobilisation des  fonds propres particulièrement dans la phase de démarrage des projets. Ceci s’explique notamment par le  faible taux de pénétration des fonds de capital risque et des fonds d’investissement dédiés aux PME en Afrique, le niveau d’investissement minimal et le niveau de rentabilité exigés par les fonds d’investissement ainsi que la réticence des promoteurs à laisser entrer de nouveaux investisseurs dans le capital.

Les conditions de financements : en occurrence les taux d’intérêts prohibitifs, les garanties demandées (généralement des biens immobiliers) et la complexité des procédures.

L’entreprenariat féminin rencontre quant à lui, en plus de celles évoquées ci-dessus, des difficultés spécifiques liées au faible niveau d’instruction des femmes, à l’absence  d’information sur les différents dispositifs de financement, à l’auto-blocage des femmes qui sont réticentes à emprunter et limitent de fait le niveau des concours sollicités et n’osent pas entreprendre des projets de grande envergure.

Par ailleurs, les pesanteurs socioculturelles et institutionnelles limitent l’accès des femmes à la propriété foncière et réduisent leur capacité à fournir les garanties exigées particulièrement pour les femmes mariées qui sont obligées d’obtenir l’approbation et le soutien du mari.

Ces freins à l’accès au financement conduisent la PME africaine à avoir recours aux sources informelles de financement (tontines) qui sont généralement plus couteuses, obèrent la rentabilité des entreprises et limitent leur potentiel de croissance.

Les solutions à apporter à cette problématique résident principalement dans :

  • le renforcement de l’intervention des Etats et des institutions internationales ;
  • la mise en place des fonds de garantie généralisés ou dédiés ;
  • le développement des dispositifs de mobilisation des fonds propres (capital investissement, financement participatifs, réseaux de business angels) ;
  • la mise en place des programmes d’assistance technique et de renforcement des capacités des entrepreneurs ;
  • le recours aux services des cabinets spécialisés dans la structuration de projets et l’accompagnement dans la recherche de financements.

 

Germaine NANFA,   Directrice Financière BGFIBank Group

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