5 mois ago
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Face aux réseaux sociaux, les clubs de dirigeants séduisent

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L’Hexagone compte environ 10.000 réseaux qui rassemblent des dirigeants de PME et TPE de tous secteurs. Lieux de formation, d’échanges ou purement business, ces réseaux « à l’ancienne » ont le vent en poupe malgré le raz-de-marée du virtuel.

A l’heure où les réseaux sociaux sont présentés comme l’alpha et l’oméga pour trouver du travail, doper sa carrière ou étoffer le nombre de ses clients, qu’en est-il des bons vieux réseaux à l’ancienne ? Ces clubs, qui rassemblent des dirigeants de PME, de TPE et professions libérales, où l’on se retrouve régulièrement autour d’un bon repas ou d’une conférence d’expert, où l’on s’échange des cartes de visite et où, parfois, l’on se confie longuement sur les hauts et les bas de son entreprise. Bref, où l’on se rencontre pour de vrai.

Malgré le raz-de-marée du virtuel, ils ont toujours le vent en poupe. Ils seraient environ 10.000 en France, si l’on exclut les réseaux de commerçants. « Paradoxalement, les réseaux sociaux ont renforcé le besoin de se voir et d’échanger, l’un ne va pas sans l’autre », explique Alain Bosetti, entrepreneur et fondateur du magazine Place des réseaux.

Accompagnement

Le paysage est vaste. Ils peuvent être des déclinaisons régionales de structures nationales installées depuis des décennies dans le paysage (CJD, APM…), des réseaux d’accompagnement de créateurs d’entreprise par des parrains qui vont jusqu’à accorder des prêts d’honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre), des clubs locaux où se côtoient politiques et hommes d’affaires dans la plus grande discrétion (le Cercle de Lyon, le Club des Bretons, le Club des entrepreneurs de la Gironde, le Cercle d’Oc à Toulouse…). Sans oublier les organisations créées plus récemment par les geeks du numérique et du digital, les clubs sportifs et le phénomène des réseaux féminins… Tous apportent un « plus » aux décideurs qui les côtoient.

« Le fait d’adhérer rapporte entre 20 et 50 % dans le chiffre d’affaires d’une entreprise, et plus la boîte est petite, plus cette part s’accroît »,estime Alain Bosetti, en se fondant sur un sondage réalisé il y a quatre ans auprès de membres. Le principal intérêt de ces clubs, même s’ils ne l’affichent pas, est bien à long terme de faire prospérer ses affaires d’une manière ou d’une autre. Le Centre des jeunes dirigeants (CJD) va même jusqu’à affirmer que « le taux de défaillance des entreprises dont les dirigeants sont chez nous est inférieur à la moyenne nationale », selon Benoît Coquille, délégué général.

Clubs territoriaux

Echanger sur les pratiques, se former à d’autres méthodes managériales et sortir de l’isolement restent les leitmotivs majeurs. D’ailleurs, les adeptes sont en général membres de plusieurs réseaux à la fois, y puisant autant de matières différentes. Les chambres de commerce et d’industrie ont renforcé au fil des ans, et à mesure que leurs missions se sont contractées, leur expertise en la matière. Chacune anime en moyenne une dizaine de clubs territoriaux.

« Il y a vingt ans, un chef d’entreprise pouvait encore se débrouiller seul, aujourd’hui c’est impossible. La complexité, la vitesse des changements, les difficultés font qu’il a besoin de partager, d’être épaulé », indique Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France, qui met en musique 300 clubs autour de Lille, un des territoires les plus actifs en la matière (30 % de clubs de zone d’activités, 20 % de clubs business et la moitié de clubs thématiques).

Lien social

Malgré leurs succès, ces structures n’attireraient que 25 % des dirigeants, d’après Place des réseaux. Manque de temps, d’informations… Et pourtant, d’après une étude de bpifrance réalisée en 2016, 46 % des dirigeants de PME et ETI disent ressentir un sentiment de solitude ou d’isolement. Avec la montée des free-lances et des travailleurs indépendants, certains prédisent un avenir rose à ces réseaux de rencontre en vrai. Moyen essentiel pour retrouver du lien social

MARION KINDERMANS

Source : Les Echos Executives

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