10 mois ago
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En Côte d’Ivoire, un nouveau syndicat dédié à la défense des femmes

Mariatou Guiehoa
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Le Réseau des femmes syndicalistes de Côte d’Ivoire (REFSY-CI) a été créé pour voir les femmes devenir les « interlocutrices importantes dans le milieu syndical en Côte d’Ivoire ». Les militantes travaillent notamment sur l’accès des femmes à la protection sociale et leur formation au militantisme.

Elles seraient déjà 4 000 adhérentes : 4 000 femmes enseignantes, fonctionnaires, vendeuses sur les marchés, transporteuses, fonctionnaires ou pompistes, à s’être rassemblées dans un tout nouveau syndicat créé spécialement pour « porter haut » leurs « préoccupations auprès des pouvoirs publics. »

Le Réseau des femmes syndicalistes de Côte d’Ivoire (REFSY-CI), c’est le nom de ce syndicat inédit, ambitionne de voir les femmes devenir les « interlocutrices importantes dans le milieu syndical en Côte d’Ivoire ». Transfuges des cinq centrales syndicales ivoiriennes, les cadres du REFSY-CI ont décidé de constituer un « syndicat libre et indépendant pour les femmes », avec pour devise : « Amour-Solidarité-Justice ».

Promotion de la femme ou sectarisme ?

La présidente REFSY-CI, Mariatou Guiehoa (photo), estimant qu’elles sont jusque-là « reléguées au second plan ». À 65 ans, dont 30 de militantisme, cette responsable estime que depuis l’indépendance du pays en 1960, seuls « des strapontins » ont été accordés aux femmes dans les mouvements syndicaux. Aucune n’a jamais été à la tête d’une organisation syndicale.

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Si la ministre ivoirienne de la Femme, Mariatou Koné, voit dans ce nouveau venu « une avancée dans la politique de promotion de la femme » et « un puissant instrument de négociation sociale qui favorisera le dialogue constructif, à l’exclusion de la violence », les syndicats établis mettent en garde contre le danger du « sectarisme ».

Obstacles du sexisme et du machisme

« Nous reconnaissons qu’il y a des obstacles à lever, comme le sexisme, le machisme et la phallocratie qui sont des réalités dans le mouvement. Mais cela ne devrait pas amener les femmes à se sectariser », juge Théodore Gnagna Zadi, président de la Plate-forme nationale, qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires, à l’origine d’une grève d’un mois qui secoué le pays en 2017.

« Le mouvement syndical n’est pas un mouvement de complaisance où l’on donnerait des places à des femmes parce qu’elles sont femmes. Elles doivent le mériter », ajoute-t-il.

Formation au militantisme

Un défi que les membres du REFSY-CI assurent être prêtes à relever : « Nous ne sommes pas là pour dire que nous voulons prendre la place des hommes. Le REFSY-CI veut mériter sa place dans le milieu syndical », assure le programme du nouveau mouvement.

Avec comme priorité la formation de ses adhérents au militantisme féminin, avec l’aide de la fondation allemande Friedrich Herbert-Stiftung. Et le souci de « concilier le mouvement syndical et la vie de foyer, deux choses différentes ».

Le REFSY-CI, qui a constaté avec surprise que la quasi-totalité de ses adhérentes ne disposaient pas de couverture maladie universelle, entend aussi se lancer dans cette lutte.

Accès aux soins

« Les artisanes, les femmes rurales vivent au jour le jour. Si pour des raisons de maladie, elles n’ont pu bénéficier de soins, elles ne peuvent générer des ressources », déplore Salimata Porquet, présidente de la Plate-forme d’éveil électoral des femmes et des jeunes, une ONG panafricaine et marraine du réseau.

Le syndicat entend ainsi trouver une couverture maladie aux femmes des secteurs informels, ces « travailleuses sans salaire » qui sont devenues de véritables « chefs de famille »« Nous voulons faire comprendre à la jeune génération que faire du syndicalisme, ce n’est pas fabriquer des révoltées, mais prendre en compte les préoccupations des femmes. »

AFP

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