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Elle lance le 1er concours dédié aux femmes cheffes d’orchestre

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Clémence Guerrand a 36 ans, elle est pianiste et veut faire bouger les choses dans l’univers de la musique classique. Elle a décidé de lancer le premier concours mondial réservé aux femmes cheffes d’orchestre. Une initiative à saluer.

21 femmes cheffes d’orchestre en France… et 586 hommes. Les chiffres sont parlants. Et les stéréotypes ont la vie dure. « Cheffe d’orchestre, c’est un métier où l’on voyage beaucoup. Certains hommes imaginent donc que ce n’est pas fait pour les femmes, qui ne pourront alors pas s’occuper des enfants ! », s’exclame Clémence Guerrand. A 36 ans, cette pianiste a elle-même un enfant de dix mois, et cela ne l’empêche pas de jouer partout dans le monde. Autre cliché tenace : être cheffe d’orchestre nécessiterait de « la force physique ». « C’est ridicule, il y a des instruments très physiques : prenez une violoniste soliste, debout durant des heures, ou même une pianiste avec d’énormes tensions dans le dos », résume la jeune femme.

Des pianistes stars perdraient même quatre kilos après un concert, rappelle-t-elle. Pour en finir avec ces idées d’un autre temps, et pour mettre en lumière les jeunes femmes qui rêvent de devenir cheffe d’orchestre, elle a donc eu l’idée de lancer MAWOMA (Music AND Women Maestra), en partenariat avec la maison Cartier. Un projet d’ailleurs soutenu par Caroline de Monaco. Le concept ? Un concours « itinérant » qui permettra de repérer les meilleures partout dans le monde. Six épreuves dans six villes (Vienne, Los Angeles, Johannesburg, Sidney, Tokyo, Rio), avant la finale à Paris. Trois heures seule face à un public puis un tremplin pour se faire connaître et féminiser la profession.

« En 2013, j’ai réalisé que sur les 22 plus grands orchestres dans le monde, un seul était dirigé par une femme ! » Depuis, Clémence Guerrand a décidé de mobiliser son énergie pour plus de parité. Et d’ailleurs, comment expliquer le fait qu’il y ait si peu de femmes aux manettes ? « Enfant, je pouvais tout à fait m’imaginer devenir pianiste soliste car je ne manquais pas de modèles. Je pouvais me projeter dans une Martha Argerich ou une Maria-Joa Pires.

Mais quand une petite fille rêve de devenir cheffe d’orchestre et qu’il n’y a pas de modèle, comment fait-on ? Nous sommes encore dans le mythe du maestro du début du 20è siècle, avec des références qui n’existent que sur un plan masculin », constate celle qui démarré le piano à l’âge de trois ans. Et de rappeler qu’« à défaut de modèles, les femmes qui souhaitent diriger sont aujourd’hui obligées de monter leur propre orchestre pour être entendues ». Pourtant, ainsi que le rappelle Clémence Guerrand, « la musique n’a pas de genre ».
Bien dit.

> Toutes les informations pour participer au concours sont à retrouver ici.

Source : Elle

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