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Egalité entre les femmes et les hommes : et si le déclic venait du sport ?

Rugby femin
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L’année 2017 s’achève sur un bilan plus que mitigé concernant l’égalité entre les femmes et les hommes. L’affaire Weinstein a mis en lumière des pratiques répugnantes dans le monde du cinéma, mais qui ne sont pas propres à ce milieu. Sans rentrer dans le débat du hashtag #balancetonporc, la libération de la parole est souvent positive.

Il est établi que les femmes sont victimes de harcèlement dans leur vie professionnelle mais également dans les lieux publics en général. Lors de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre dernier, Emmanuel Macron a lancé officiellement la grande cause nationale consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes.

La secrétaire d’État  Marlène Schiappa martèle qu’elle veut sanctionner le harcèlement de rue, ce qui nécessite de combler un vide juridique en définissant précisément de quoi il s’agit. Elle veut également réduire les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.

D’après la fondation Concorde, cette discrimination représenterait un gâchis de 62 milliards d’euros pour l’économie française. Mais en dépit du renforcement de l’arsenal juridique en faveur des femmes, selon un rapport du forum économique mondial, il faudra attendre au moins 170 ans avant que l’égalité salariale soit effective.

Faut-il renforcer encore les lois ? Sans doute…Mais c’est avant tout une question de société et l’éducation nationale a un rôle déterminant à jouer : en formant les enseignants et conseillers d’orientation pour qu’ils ne reproduisent pas les stéréotypes filles = littéraires et garçons = scientifiques notamment.

Car les différences de rémunération ne découlent pas nécessairement d’une ségrégation verticale de type plafond de verre, mais aussi et surtout d’une ségrégation horizontale (parfois même consécutivement à une auto-sélection), les métiers les plus féminisés étant souvent les moins bien rémunérés.

Les entreprises ont également un rôle à jouer, dans leur publicités et packaging notamment qui reflète là encore trop souvent des stéréotypes et les alimentent. Sans oublier bien entendu les médias qui véhiculent trop souvent des clichés et ne mettent pas suffisamment en avant les réussites de femme.

En témoigne le baromètre annuel de l’observatoire annuel de la parité dans la presse qui ne compte que 169 femmes parmi les 1000 personnalités les plus médiatisées en 2017 (et seulement 1 % dans la catégorie « business »), en baisse par rapport à 2013 et 2014. Bref, il y a du pain sur la planche !

Côté sport, le harcèlement sexuel semble minimisé par la ministre des sports Laura Flessel alors que des associations comme Comité éthique et sport dénoncent une omerta plus forte qu’ailleurs. Par ailleurs, les écarts de rémunération entre sportives et sportifs de haut niveau sont presque systématiquement en faveur des hommes et dans des proportions colossales.

De plus, une étude menée par la sociologue Catherine Louveau  pour le collectif Egal Sport  a mis en évidence le peu de femmes dans les catalogues des quatre distributeurs majeurs de la rentrée 2017-2018 : Décathlon, Go sport, Intersport, Sport 2000. De plus elles ne sont cantonnées  quasiment qu’aux activités usuellement considérées comme « féminines ».

Il n’y a parallèlement pas d’homme dans les rubriques danse et yoga, entretenant ainsi des stéréotypes de genre mesurés par l’Insee dans la pratique physique ou sportive des femmes et des hommes. Enfin, le traitement médiatique des femmes sportives est lamentable :

Ainsi même si on assiste à l’émergence d’une presse dédiée au sport et aux femmes, la route est encore longue. Puisque le sport est justement un domaine qui cristallise les discriminations et les inégalités, il pourrait aussi constituer une voie de sortie en faisant prendre conscience aux jeunes des clichés sexistes.

C’est l’un des enjeux du programme « Pourquoi pas une femme ? » réalisé avec le soutien de la fondation Egalité (FACE) : mettre en évidence que les femmes peuvent occuper des métiers du sport. Mais pourquoi ne pas aller plus loin en mettant en place un programme éducatif centré sur le sport, ses valeurs  et la mixité, lequel ne nierait pas les différences mais donnerait aux plus jeunes les clés pour intérioriser le fait que des stéréotypes sexistes existent et pourquoi il faut les combattre.

En 2018, Sport Univers’elle compte s’engager dans cette voie !

Bonne année sportive à toutes et tous !

Adminsportelle

Source : Sport Univers’Elle

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