3 mois ago
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Des femmes managers, c’est tout bénéfice !

Medef
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Féminiser les effectifs d’une entreprise est la solution la plus efficace pour améliorer ses performances, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail.

“Vous voulez faire grimper les bénéfices de votre entreprise ? Embauchez des femmes !” Voilà quel pourrait être le résumé d’un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), intitulé “Femmes d’affaires et femmes cadres : les arguments en faveur du changement”, publié le 21 mai. Au terme d’une enquête dans 12 940 entreprises et 70 pays, les auteurs de l’étude ont croisé des données variées sur la place des femmes aux postes de direction et dans l’encadrement, et les résultats financiers des entreprises scrutées, dont 27% de multinationales.

Un levier de créativité et d’innovation

De cette étude il ressort que la féminisation des effectifs de cadres dans les entreprises, sensible depuis le début du siècle presque partout dans le monde, doit être considérée comme un ingrédient incontournable de la stratégie commerciale. Ainsi les trois quarts des entreprises qui mettent en place des mesures en faveur de la mixité voient leurs bénéfices augmenter de 5 à 20%, et de 10 à 15% pour la moitié d’entre elles – l’Europe et l’Asie centrale sous performant légèrement par rapport aux autres régions du monde.

Autre avantage lié à ces politiques favorables à l’inclusion et à la diversité : elles permettent d’attirer plus de talents et de freiner le turn-over dans 56,8% des entreprises étudiées, et améliorent la créativité, l’innovation et l’ouverture d’esprit dans 54,4% d’entre elles. Enfin, cette étude d’ampleur permet d’identifier que c’est à partir d’un taux de féminisation de 30% aux postes de cadres dirigeants ou cadres supérieurs que les effets positifs de la féminisation deviennent palpables – mais moins d’1 entreprise sur 3 atteint cette masse critique, quand 78% des 13 000 entreprises interrogées ont un PDG homme. De même les jeunes femmes ne représentent que 30% des effectifs de cadres débutants dans le monde.

Des postes de direction trop souvent limités aux fonctions d’appui 

Les causes de cette sous-représentation des femmes dans les postes de direction ont déjà été identifiées dans de nombreuses études sur le sujet, mais elles sont à nouveau documentées par ce rapport de l’OIT. Premier obstacle à la prise de responsabilité des femmes, l’exigence de disponibilité “H24” attendue par les responsables des entreprises, peu compatible avec les “doubles journées” professionnelles et familiales que continuent d’assumer beaucoup de femmes dans le monde. Autre frein, notamment à l’accès des femmes aux conseils d’administration, le fameux “plafond de verre”, qui contribue à cantonner les femmes accédant à des postes de direction aux fonctions managériales d’appui (ressources humaines, administration, marketing, finances), considérées comme moins stratégiques : or, c’est davantage parmi les directeurs opérationnels que les entreprises cherchent en général leurs administrateurs…

Pour faire grimper la part des femmes à la fois dans les postes de direction et d’encadrement, et booster le chiffre d’affaires des entreprises, l’OIT recommande la mise en place de politiques familiales permettant un meilleur équilibre vie familiale, vie professionnelle – des politiques qui bénéficieraient aussi aux hommes, avec la mise en place de congés de paternité, par exemple (les pères français ne disposent ainsi que de 11 jours pour rester auprès de leur nouveau-né, contre huit semaines pour les pères espagnols).

Les auteurs du rapport appellent également les syndicats patronaux et les associations professionnelles à promouvoir davantage les politiques en faveur de la diversité, et à montrer l’exemple en les mettant en oeuvre en leur sein. En France, à titre d’exemple, le conseil exécutif du MEDEF, premier syndicat patronal, compte seulement 8 femmes parmi ses 48 membres. La marge de progrès est donc confortable.

Sandrine Chesnel

Source : L’Express L’Expansion

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