Sur le plan national, 36 % des entrepreneurs sont des femmes et 12,6 % des sociétés fondées par des femmes comptent plus de deux employés*. Ces femmes sont-elles des superwomen ? Comment agissent-elles dans un monde essentiellement masculin ?

Didier Tourre, président du Medef Meuse, a ouvert le bal de cette soirée Business contacts, organisée par la CCI mardi dernier, avec ces quelques chiffres. La salle du campus Cockerill, à Commercy, accueillait les chefs de 85 entreprises pour la très large majorité meusienne. Le sujet du jour : la réussite au féminin.

Sous les projecteurs, quatre dirigeantes, aux profils et parcours différents.

Laurence Giacomazzi, à la tête de l’entreprise « La Savonnière du moulin », implantée à Saint-Germain-sur-Meuse, Diana Mounzer, présidente de la société HIS à Verdun, Carole Ruhland (photo), directrice du campus Cockerill à Commercy et Sarah Tournier, gérante de l’imprimerie Frédéric, basée à Bar-le-Duc.

« Management au féminin parfois plus participatif »

L’une après l’autre, elles ont livré un témoignage sur leur parcours et de leur combat.

Sarah Tournier a racheté l’imprimerie Frédéric en 2006. De 600 clients elle est passée à 1 200. « J’ai analysé le marché, mais aussi l’entreprise par elle-même, j’ai appris à connaître mes salariés. J’ai planifié les choses, géré un stock ce qui m’a permis de tenir les délais. » Sa réflexion l’amène à se diversifier auprès du particulier en créant une ligne de papiers peints. Elle revendique le contact direct, tout comme Carole Ruhland.

Cette dernière assure la communication du nouveau centre de formation international du groupe CMI à Commercy : « Le management au féminin est parfois plus participatif, mais on ne peut pas se limiter qu’à cela. Le plus difficile est de relever le challenge, c’est un très gros travail. »

Le dénominateur commun de ces quatre femmes est leur combativité. « J’ai toujours été en combat », témoigne Diana Mounzer. Au départ responsable du site d’une entreprise d’activité aérienne, elle rachète la société en 2010 après avoir dopé le chiffre d’affaires auprès des pays du Moyen Orient et du Golfe.

« Travailler sans relâche »

« Aujourd’hui, j’ai en face de moi des Indiens avec une forte compétitivité. J’essaie de proposer le meilleur rapport qualité/prix », poursuit-elle. Ses conseils ? « Un bon business plan, penser à protéger son patrimoine, connaître ses concurrents et les dispositifs d’aide. Travailler sans relâche, être déterminée. Et on a toujours du résultat. »

Au fond, la réussite de ces quatre entrepreneures prouve que chaque femme peut vaincre son manque de confiance, sa tendance à la prudence, (c’est dans les statistiques), qu’elles ne sont pas des superwomen, mais que c’est à la femme entrepreneure de prendre sa place.

*2003-2017 Source Compta online

Agnès NICOLLE

Source : L’EST REPUBLICAIN