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CES de Las Vegas : mais où sont passées les femmes ?

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Cette année, les keynotes du plus grand salon high-tech au monde sont quasiment toutes animées par des hommes. Des associations et des industriels grondent.

Plus de 180 000 visiteurs prévus, des annonces attendues dans le domaine des objets connectés, de la robotique, de l’intelligence artificielle… et pourtant, quasiment aucune femme n’est à ce jour programée pour animer une « keynote », ces conférences qui rassemblent plusieurs milliers de personnes au CES, le plus grand salon de l’informatique qui a lieu cette année du 9 au 12 janvier à Las Vegas.

Les ténors du secteur auraient-ils oublié que le rôle des femmes a été absolument essentiel, notamment à travers le programme Eniac (Electronic Numerical Integrator and Computer) abrité par l’université de Pennsylvanie durant la Seconde Guerre mondiale ? Sans parler du fait que la première personne à avoir écrit un programme informatique s’appelle Ada Lovelace : la fille de Lord Byron a en effet imaginé en 1843 un programme pour la machine analytique du Britannique Charles Babbage.

À Las Vegas, on observe même une régression, alors qu’il y a quelques années Marissa Mayer, la numéro un de Yahoo !, ou encore la dirigeante d’IBM Ginni Rometty ont livré leur vision du futur lors de ces fameuses « keynotes ». Cette année, les stars seront Brian Krzanich, le numéro un d’Intel, qui s’expliquera sans doute sur les failles géantes qui touchent en ce moment le matériel informatique, celui de Ford, Jim Hackett, ou encore son homologue de Huawei, Richard Yu. Il y a heureusement des entrepreneuses au salon qui participeront à des événements de moindre ampleur, et le Consumer Technology Association, l’association qui a organisé l’événement, a expliqué qu’elle s’attachait à corriger cette asymétrie.

« Il faut changer les ratios » 

N’empêche, les associations sont vent debout comme Gina Glantz, la cofondatrice américaine de l’association Gender Avenger, qui s’apprête à distribuer dans les allées des autocollants indiquant que « la voix des femmes compte ». Mais, fait nouveau, l’indignation gagne même les industriels. Leslie Berland, la directrice marketing de Twitter, a fait part de son agacement à travers plusieurs messages dans lesquels elle explique qu’« il faut changer les ratios ».

Elle n’est pas seule. « Chaque année, le CES indique où il faut regarder pour savoir à quoi ressemblera l’industrie tech. Et, cette année, la vision est particulièrement claire : aucune femme parmi les speakers, aucune femme parmi les rôles de premier plan. L’innovation est née de la diversité des voix, et nous devons les entendre. Nous devons faire en sorte que les femmes soient entendues. Pendant une semaine, le CES nous laisse voir les coulisses de l’industrie tech et ce n’est pas toujours joli », explique ainsi Joy Howard, le directeur marketing de Sonos, qui, à travers l’initiative Boom Boom, voudrait rendre son combat public. Suffisant pour faire bouger les lignes ?

Guillaume GRALLET

Source : Le Point

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