3 mois ago
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Cartier tisse son réseau des femmes entrepreneuses

Zineb Agoumi
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Elles ont été 2.900 (+7,5%) à postuler à l’édition 2019 des Cartier Women’s Initiative Awards récompensant celles qui lancent des start-up innovantes.

Elle est marocaine, diplômée de Centrale et de l’Essec Business School, et Ezygain, sa start-up, a été créée en France. Zineb Agoumi fait partie des trois finalistes qui défendront au printemps les couleurs de l’Europe aux  Cartier Women’s Initiative Awards . Le nom des gagnantes, une par grande région du globe, sera dévoilé le 2 mai à San Francisco non loin du futur campus que l’Insead, partenaire depuis l’origine de Cartier, s’apprête à inaugurer près de la Silicon Valley.

Depuis treize ans, ces prix encouragent des projets portés par des entrepreneuses qui démarrent. Sans limite d’âge. Une des premières lauréates d’Amériques du Sud avait 77 ans quand elle avait postulé; l’Award cartier lui a permis de breveter son appareil d’aide auditive. Comme 30 % des projets présentés, celui de Zined Agoumi (photo) répond à une préoccupation de santé. Ezygain est un tapis roulant de rééducation intelligent, brevet en Europe et aux Etats-Unis/ Elle a eu l’idée en constatant que rien n’existait pour aider sa grand-mère remarcher. Après avoir testé avec succès son tapis dans les cabinets de kinésithérapeutes, les services de rééducation et les établissements pour personnes dépendantes, la jeune femme travaille aujourd’hui à une version adaptée au domicile des parents.

Jamais la concurrence n’a été aussi vive que pour l’édition 2019 de ces prix: 2.900 candidates ont postulé, 7,5 % de plus par rapport à 2018. Depuis deux ans, les gagnantes reçoivent 100 000 dollars chacune et les autres finalistes (14 au total) repartent avec un lot de consolation de 30 000 dollars. Toutes ont droit à du coaching adapté à leurs projets, dispensé par des consultants Mckinsey, d’anciens élèves ou en cours de formation de l’Insead.

Toutes – plus seulement les lauréates – se voient aussi offrir l’inscription au programme ISEP de la grande école de Fontainebleau, un module de six jours de formation intensive conçu pour les managers.

Barrière de la langue

Le PDG de Cartier, Cyrielle Vigneron, ne compte pas s’arrêter là. “A terme, on passera probablement à un découpage en dix régions” disait-il en marge de la remise des prix 2018 à Singapour. L’objectif sera atteint par la mise en place, en plus des Awards principaux, de prix décernés par des jurys locaux. Une façon de pallier le problème de la barrière linguistique. “L’anglais est la langue universelle du business mais cela peut poser un problème, en Afrique francophone notamment. Certains dossiers sont éliminés très vite à cause de cela“, ajoutait-il. La création de ces prix “satellites” permettrait de recevoir des candidatures multilangues, mandarin, arabe, français, espagnol, japonais…

Tout autant que la solidité des business plans, la qualité de l’expression orale constitue un facteur crucial de réussite pour les postulantes. “C’est la clef du processus de fundraising, auprès des banques et des grands organismes philanthropiques“, constate le patron de Cartier. A J-7 avant la désignation des sept gagnantes, les finalistes ont droit à une semaine de préparation pour être au meilleur niveau lors des dernières auditions.

D’où l’intérêt aussi du partenariat noué entre les Cartier’s Awards et Ted, la plate-forme vidéo de partage de connaissances et d’expériences. “Nous donnons la possibilité aux lauréates et finalistes d’accéder à un réseau de femmes d’influentes et visibles, qui, souvent, se sont heurtées aux mêmes difficultés qu’elles.

Communiquer en interne

Autre réseau que Cyrille Vigneron a décidé d’activer : celui des propres salariés de Cartier à travers le monde, dont une majorité de femmes. “Nous avons été volontairement discrets mais le chemin parcouru nous incite autour des Awards de manière à organiser des partages d’expériences impliquant nos managers, les services marketing et d’une façon générale les représentantes de la génération Y“, dit-il.

Valérie Leboucq

Source : Les Echos

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