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Canada : Quelle place pour les femmes en philanthropie ?

Femmes
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Que ce soit la composition des directions de fondations, l’accès aux réseaux ou les disparités salariales, le rôle et les défis des femmes sont des sujets d’actualité dans le secteur de la philanthropie. État de la question.

Depuis 30 ans, les femmes prennent une place grandissante dans l’ensemble du monde des affaires. Il n’est donc pas surprenant que ce soit également le cas dans le monde de la philanthropie. Une étude de l’Institut Mallet, publiée cet été, constatait qu’un nombre grandissant de femmes arrivent à la tête d’organisations dans le secteur de la bienfaisance et sans but lucratif. Elles occupent désormais la majorité des postes de direction, en plus de représenter environ 75 % de la main-d’oeuvre du secteur.

Cela indique que les femmes prennent leur place et que la société évolue, estime Nicole Ouellet, directrice générale de la Fondation Berthiaume-Du Tremblay, qui intervient auprès des aînés. «Je l’ai vécu moi-même dans notre organisation, dit-elle. Quand je suis arrivée en 1991, j’étais la première femme directrice.» En 2012, la Fondation a par ailleurs atteint la parité hommes-femmes sur son conseil d’administration.

Écart salarial

Certains aspects de l’implication des femmes dans le milieu philanthropique restent toutefois toujours déplorés. Imagine Canada, un organisme qui vise à appuyer et à renforcer les organismes caritatifs et sans but lucratif du pays, faisait par exemple état, en avril dernier, d’un persistant écart salarial entre les hommes et les femmes. Selon l’organisation, les femmes accusent actuellement un retard salarial de 24 % par rapport à leurs collègues masculins.

«Le milieu de la bienfaisance n’est pas différent des autres milieux en ce sens que les femmes doivent s’assurer d’obtenir une rémunération qui correspond à celle des hommes qui occupent la même fonction, dit Mme Ouellet. Elles doivent faire valoir leurs compétences et négocier leur salaire en conséquence.»

Accéder aux réseaux

L’accès au réseau est un autre élément qui, pour certaines femmes, peut représenter un défi. C’est du moins l’avis mis de l’avant par Danielle Poulin, citée dans un article du Philab. Elle est la fondatrice de Caméo Consultation, une firme d’experts-conseil en gestion philanthropique.

Selon elle, les profils recherchés pour les postes de direction sont ceux de professionnels ayant 30 ou 40 ans de carrière et un épais carnet de contacts. Sauf que peu de femmes de la génération des baby-boomers ont eu de si longues carrières. Les perspectives pour les femmes des plus jeunes générations devraient donc être meilleures.

Une étude publiée le 6 novembre dernier, réalisée par la firme Épisode, montre par ailleurs que les femmes donnent toujours moins que les hommes. Bien que la propension à donner soit similaire entre les sexes, les hommes québécois ont donné cette année en moyenne 267 $ alors que les femmes ont donné plutôt 178 $. Selon la firme, cette différence peut s’expliquer entre autres par le fait que les femmes gagnent moins que les hommes. Les tendances sociétales actuelles peuvent donc laisser croire que les femmes prendront de plus en plus d’importance dans le paysage philanthropique du pays.

SIMON LORD

Source : Les Affaires

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