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Après le « plafond de verre », lutter contre le « plancher collant » !

Isabelle BARTH22
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La notion de « plafond de verre » est maintenant bien connue du monde du travail. Que signifie-t-elle ? Qu’en théorie, tout un chacun peut accéder à des promotions dans son entreprise, mais que dans la réalité, entre ce sommet et beaucoup des collaborateurs, il y a une vitre qui autorise à regarder ce sommet mais empêche de l’atteindre !

Ce terme a longtemps été réservé aux femmes qui en sont particulièrement victimes, mais peut aussi concerner d’autres populations comme les personnes handicapées, d’origine différente, homosexuelles ….

Mais les choses bougent et devant les prises de conscience et les actions de nombreuses entreprises pour lutter contre ce phénomène, on est amené aussi à identifier ce qu’on appelle le « plancher collant ». Le plancher collant est une métaphore pour décrire un autre mécanisme, plus intérieur : un mélange de manque d’envie, manque de motivation et de confiance en soi pour avancer dans son projet professionnel.

Le « plancher collant » illustre nos propres croyances qui nous « clouent » au sol et nous empêchent de décoller. Certes, tout le monde est concerné mais les études montrent que les femmes sont particulièrement victimes de ce syndrome.

Elles manquent de « confiance en soi » et ont un déficit d’ « auto-efficacité ». Chez elles, le petit moteur de la motivation et de la légitimité tourne au ralenti.

On en connait les causes principales, je vous propose d’en revisiter quelques-unes :

1- Les enfants empêchent d’avoir une vie professionnelle ambitieuse, FAUX :  ils permettent au contraire de développer des compétences qu’on peut ensuite mobiliser dans l’entreprise, et obligent à plus d’efficacité et d’organisation …

2-Il faut être compétente à 120 % pour demander une promotion, FAUX : 80/90 % sont largement suffisants, la fonction crée la compétence et on s’inscrit tous dans une logique de progrès constant.

3-A quoi sert d’avoir le statut ? L’important est le projet ,FAUX : si la compétence et la performance sont essentielles, le statut reste important et permet bien souvent de décupler la performance en donnant accès à des moyens et des personnes essentiels.

4-Le pouvoir ne m’intéresse pas , FAUX : le pouvoir intéresse tout le monde si on le voit comme un moyen de mettre en œuvre ses projets et faire bouger les lignes.

5- Je n’ai pas le profil, FAUX : un profil de poste définit un périmètre de missions, de relations, de compétences qui ne demande qu’à être bousculé et les entreprises sont souvent beaucoup plus ouvertes à l’innovation qu’on ne le pense.

6-Ils viendront me chercher s’ils ont besoin de moi , FAUX : si vous ne vous montrez pas, personne ne viendra vous chercher ! Tout le monde a envie d’être désiré, c’est à vous de montrer que vous avez ENVIE de ce poste, cette promotion, de cette entreprise !

7-Je n’y arriverai pas, je suis TROP … ,Trop vieille ? Trop jeune ? Trop grosse ? Trop noire ? ???? FAUX : on est toujours le « TROP » de quelqu’un ou de quelque chose ! Ce « trop » est souvent dans notre tête et encombre les entretiens de recrutement. L’important est d’avoir confiance en soi et en ses capacités.

8- La technique, ce n’est pas pour les femmes , FAUX : toutes les femmes qui ont choisi les métiers techniques font preuve de leur excellence, même si elles ont à gérer souvent le fait d’être en minorité.

9-C’est mieux de rester avec des gens qui me comprennent , FAUX : il est essentiel d’élargir ses réseaux pour ne pas s’enfermer dans ses auto-stéréotypes, qui ne peuvent être que sources de peur et d’auto-dénigration.

10-J’attends le bon moment pour me lancer , FAUX : il n’y a JAMAIS de bon moment, le bon moment c’est quand vous vous sentez prête !

Il n’y a plus qu’à ! Comme disait Lao Tseu « Un voyage d’un millier de kilomètres commence avec le premier pas. » !

Par Isabelle BARTH, Professeure des Universités et chercheure en Manageme

Source: Isabelle BARTH

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