2 années ago
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Après « la femme est l’avenir de l’homme », place à la femme, un homme comme les autres

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Avant le ras-le-bol et les hashtag vengeurs, les femmes ont encore des objectifs à défendre – et les hommes à comprendre- pour faire fléchir les inégalités liées au sexe dans le monde du travail.

#balancetonporc… L’image est grossière. Elle est là pour choquer. Et elle y arrive : elle fait la une des médias depuis des semaines. On y voit des relents de délation, un défouloir, du tragique et du n’importe quoi. Un vrai malaise aussi. La polémique réactive le cheval de bataille du féminisme qu’on croyait mort et enterré depuis la fin des années 80 : l’accès à l’égalité et au respect.

Après tout, on a, aujourd’hui, de brillantes chirurgiennes, des pilotes d’hélicoptère et des capitaines au long court qui savent naviguer entre féminité et virilité… Justement, on dit encore trop qu’une femme qui réussit « en a ». Et on oublie que l’égalité professionnelle entre hommes et femmes est une longue lutte, toujours pas terminée.

Une vieille lutte pour l’égalité

Pour mémoire, le principe « à travail égal, salaire égal » ne date que de 1945.

Aujourd’hui, les stratégies sont plus feutrées. On n’en est plus à se battre pour « travailler malgré l’opposition du mari », comme les femmes l’ont fait – et obtenu en 1965-. Néanmoins, selon le sondage CSA, « perceptions de l’égalité entre les femmes et les hommes en France : regards croisés », datant de septembre 2016, 40 % des femmes ont subi une injustice en raison de leur sexe. Et, selon le conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), 80 % des femmes sont confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes…

L’exemple type ? Peut-être la réunion placée fin de journée, qui pose problème dans la « gestion » des enfants, encore trop souvent assumée par les femmes. Car l’inégalité au travail reflète souvent les préjugés sexistes au sein même du couple. La question est largement sociétale et pas toujours assumée.

Une place pas encore assurée

Pour autant, les femmes ont réussi à se trouver une place dans le monde du travail. Elles sont 61,1 % en France contre 59,5 % dans la zone euro à 19 à être en situation d’emploi.

Par contre, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), en 2015, 30,4 % des françaises occupaient un emploi à temps partiel contre 8,1 % des hommes.

Et l’écart de salaire, même si, depuis 2008, il tend à baisser, est toujours là. Une femme gagne, toujours selon l’INSEE, 18,6 % de moins qu’un homme.

Le film de Tony Marshall, « Numéro Une », sorti il y a quelques jours, traite de la difficulté -réelle- des femmes à prendre le pouvoir dans les entreprises. En France, seuls 3 % des PDG sont des femmes (6 % dans l’Union Européenne – source Commission européenne 2016). 15 % sont membres exécutifs (même chose dans l’Union Européenne) et 44 % membres non exécutifs (contre 26 % dans l’Union Européenne).

Les RH en première ligne

Faut-il y voir un lien de causalité ? Selon une note 2017 de l’association pour l’emploi des cadres (APEC), les « femmes sont nettement majoritaires dans les fonctions RH. 8 cadres RH sur 10 sont des femmes. Mais seuls 65 % des postes de direction RH sont occupés par des femmes. » Des femmes  pourtant plus diplômées que l’ensemble des autres fonctions cadre. Selon le cinquième baromètre RH réalisé par Bodet Software et l’ESSCA (Ecole de management basée à Paris et Angers) en 2014, un cadre de ressources humaines est une femme, de moins de quarante ans, avec une formation Bac + 5.

Mais, toujours selon l’APEC, « les DRH mis à part, les cadres des fonctions RH sont moins bien rémunérés que l’ensemble des cadres du secteur privé. »

Il faut dire que, selon une étude de Robert Half, « égalité « réelle » entre hommes et femmes : la part visible de l’iceberg », les femmes ne s’affirment pas assez quand il s’agit de négociation salariale. Selon le panel de 200 DRH consultés lors de cette étude, elles doivent « communiquer les desiderata et objectifs de carrière de façon plus directe. Elles doivent faire connaître et valoriser leurs réalisations au sein de l’entreprise (37 % des sondés), enrichir et développer leurs compétences via les programmes de formation (31 %) et se positionner clairement sur une potentielle promotion (23 %) ».

Le genre en avant

Les RH essentiellement féminines, n’est-ce pas « un peu normal, puisque l’écoute et le sens de l’humain est féminin » ? Une « pensée » très sexiste contre laquelle il faut lutter. C’est ce que proposent certaines formations, comme celle de l’institut international de formation et conseil en ressources humaines, Forhom avec son cursus « la prise en compte du genre dans la politique RH » ou Synopsis avec « intégrer l’approche du genre dans le management des RH ».

Les outils existent. Reste à travailler sur les idées reçues. Pour que les hommes aussi refusent les réunions de 18 heures pour cause d’enfants à récupérer à la crèche. Et que les femmes affirment, elles aussi, leur droit à l’ambition professionnelle sans culpabilité et sans passer pour une exception exemplaire.

Myriam TRICOCI

Source : HR Voice

 

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