4 mois ago
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Appel à l’action du Sommet régional de l’Initiative We-Fi en Afrique de l’Ouest

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1. Des dirigeants du secteur public et du secteur privé de 12 pays se sont réunis aujourd’hui à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour examiner et promouvoir des solutions qui permettront d’accroître les opportunités économiques pour les femmes entrepreneures en Afrique de l’Ouest. Organisé par l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi), en collaboration avec la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement et le Groupe de la Banque mondiale, et sous le haut patronage de la présidence de la République de Côte d’Ivoire, le Sommet a réuni des chefs d’État, ainsi que des représentants des secteurs public et privé et de la société civile des États membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

2. Partenariat mondial entre 14 pays contributeurs, huit banques multilatérales de développement et d’autres parties prenantes publiques et privées, l’Initiative We-Fi est hébergée par le Groupe de la Banque mondiale et opérationnelle depuis octobre 2017. C’est le premier fonds majeur à associer réformes politiques, juridiques et réglementaires et investissements publics et privés pour débloquer des milliards de dollars dans le but de démanteler les entraves systémiques à l’activité des femmes entrepreneures dans les pays en développement.

3. Les dirigeants assistant au Sommet ont souligné que les femmes constituent la majorité des travailleurs indépendants en Afrique et qu’elles jouent un rôle essentiel dans l’économie au bénéfice de leurs familles, leurs communautés et leurs pays. Leur participation à l’économie se heurte pourtant à de nombreux obstacles du fait des réglementations et normes sociales qui réduisent leur accès aux actifs (capital, biens pouvant être nantis, équipements, terre ou propriété personnelle), les empêchent de travailler là et quand elles l’entendent et restreignent leur liberté de mouvement. D’autres barrières limitent par ailleurs leur accès aux financements, aux marchés, à la technologie ou aux programmes d’accompagnement et de renforcement des capacités. Ceci a pour conséquence de freiner l’élan de ces entrepreneurs tout en entravant la croissance économique et la lutte contre la pauvreté en Afrique.

4. Le Sommet de l’Initiative We-Fi a appelé à redoubler d’efforts pour améliorer l’accès des femmes chefs d’entreprise au capital, aux marchés, à la technologie et aux produits et services financiers.

5. Ensemble, chefs d’État, représentants des secteurs public et privé et autres délégués assistant au Sommet ont prôné une étroite collaboration entre acteurs publics et privés, avec la société civile et la communauté internationale afin de remédier aux manques qui, dans le domaine des investissements, de l’accès aux marchés publics et de la technologie, empêchent les femmes d’aller de l’avant.

6. Plus concrètement, les dirigeants présents au Sommet ont exhorté les États à engager des réformes juridiques et réglementaires pour:

  • proscrire toute discrimination dans l’accès aux services financiers fondée sur le sexe ou la situation matrimoniale;
  • lever les restrictions au travail des femmes, en particulier dans l’agriculture;
  • conférer les mêmes droits aux femmes et aux hommes en matière de propriété;
  • éliminer les contraintes à la mobilité des femmes et renforcer la sécurité dans les transports;
  • augmenter et suivre le nombre de contrats attribués aux femmes entrepreneures dans le cadre des appels d’offre publics;
  • améliorer l’accès des femmes aux infrastructures de l’économie numérique.

7. Les dirigeants présents au Sommet ont vivement incité le secteur privé et les organisations de la société civile à:

  • améliorer l’accès des femmes aux produits financiers, notamment en acceptant différents types de biens donnés en garantie;
  • veiller à accompagner l’octroi de services financiers par un soutien non financier, comme des programmes de formation et de renforcement des capacités;
  • intégrer davantage de femmes entrepreneures dans les réseaux de vente et de distribution et s’employer à augmenter le nombre de marchés accordés à des entreprises féminines;
  • renforcer les liens des femmes avec les réseaux d’affaires;
  • aider les femmes entrepreneures à améliorer leur accès aux compétences, aux plateformes et aux technologies numériques;
  • prévenir et lutter contre le harcèlement sexuel dans l’accès aux marchés et aux financements;
  • accroître la représentation des femmes dans les instances décisionnaires du secteur des services financiers et au sein des entreprises.

8. Les dirigeants présents au Sommet ont demandé instamment aux banques multilatérales de développement de:

  • augmenter leur soutien au renforcement des capacités financières et leur assistance technique aux femmes entrepreneures, dans tous les secteurs;
  • veiller à intégrer des volets de soutien aux femmes entrepreneures dans tous les programmes et les projets de développement élaborés en appui aux pays;
  • concevoir des produits financiers et de garantie spécifiques pour faciliter l’accès des femmes aux financements;
  • s’employer à augmenter le nombre de contrats attribués aux entreprises féminines.

9. Les dirigeants ont en outre appelé les secteurs public et privé, et en particulier les institutions financières, à améliorer la collecte et la communication de données ventilées par sexe. Ces données permettront d’optimiser la mesure de l’impact des politiques et des réformes sur les femmes entrepreneures, mais aussi de suivre les progrès réalisés pour réduire les disparités entre les femmes et les hommes au niveau de l’activité commerciale, de l’emploi, de la direction d’entreprises, des marchés publics et des chaînes d’approvisionnement.

10. La CEDEAO s’est quant à elle engagée à travailler avec ses États membres pour mettre en œuvre, chaque fois que nécessaire, des réformes et des mesures de soutien aux femmes entrepreneures opérant dans tous les secteurs dans la région.

11. Enfin, les participants au Sommet remercient chaleureusement Son Excellence Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire, ainsi que le gouvernement et le peuple ivoiriens, pour avoir accueilli ce sommet historique.

Source : Banque Mondiale

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