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Ada Hegerberg, premier Ballon d’Or féminin de l’histoire

Ada Hegerberg
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L’attaquante norvégienne de l’Olympique lyonnais, âgée de 23 ans a remporté, lundi 3 décembre à Paris, le titre de meilleure joueuse au monde.

Le premier Ballon d’or de l’histoire du football féminin, c’est elle. Le titre de meilleure joueuse au monde, c’est son visage qui le porte, pour la première fois : Ada Hegerberg, 23 ans, attaquante internationale norvégienne de l’Olympique lyonnais, a pu savourer sa victoire lundi 3 décembre au soir devant un millier d’invités – dont une bonne partie des membres de l’Équipe de France -, sous la verrière du Grand Palais à Paris, saturée de lumière rose fuchsia pour l’événement.

Et c’était assez beau, quand, à 21 heures 40 précises, succédant sur le grand écran de la salle à pas moins de 62 visages masculins parmi lesquels Stanley Matthews, premier footballeur récompensé par ce trophée dès 1956, Cristiano Ronaldo en 2017, ou encore Zidane et Messi, autres vainqueurs d’éditions passées, s’est enfin affiché celui d’Ada Hegerberg.

Biberonnée au foot

«Meilleure joueuse du monde, ça lui va bien !», commente Pascal Ferré, rédacteur en chef de France Football, le journal créateur historique du prix. La joueuse attrape le trophée de 12 kilos en feuille d’or gravée, une fabrication de la maison Mellerio, grand nom de la joaillerie française qui sévit Place Vendôme depuis quatre siècles – c’est quasiment le même que soupèsera le croate Luka Modric, sacré Ballon d’Or masculin 2018quelques instants plus tard. «Je veux dire merci à mes coéquipières, merci à mon club, et à son président (Jean-Michel Aulas), merci à ma famille, a entamé Ada Hegerberg dans un français impeccable, et d’une voix à la fois puissante et claire. Et je veux dire aux jeunes filles du monde entier : soyez fières de vous, foncez !» Un très beau visage fêté donc, pour un titre convoité des États-Unis jusqu’en Asie, et qui se décline enfin au féminin.

Telle une héroïne de roman, Ada Hegerberg croit en son destin. Biberonnée au foot (toute sa famille – père, mère, frère, sœur – joue), dès l’adolescence, elle se révèle «rapide, douée, fonceuse», raconte encore Pascal Ferré. Celle qui a grandi en pleine nature, entre montagnes et lacs, à Sunndal au nord-ouest d’Oslo, découvre à 17 ans la vie en club loin du cocon familial. À Potsdam d’abord, en Allemagne, puis à Lyon. Elle apprend vite le français, veut tout comprendre, maîtriser, jusqu’aux blagues dans les vestiaires de ses coéquipières, des filles aussi talentueuses que Wendie Renard, Amandine Henry, ou Dzsenifer Marozsan.

La joueuse la mieux payée au monde

Lumineuse, Ada Hegerberg, déjà sacrée meilleure buteuse de la Ligue des Champions et du championnat de France l’an passé, est aussi depuis quelques mois la joueuse la mieux payée au monde (environ 450. 000 euros annuels). Nul doute que ce titre voté par un jury de 45 journalistes internationaux risque de faire monter un peu plus les enchères.

«La Norvège a une vraie tradition pour le foot féminin, explique Pascal Ferré, c’est un pays égalitaire où les crampons ont depuis longtemps déjà chaussé les pieds de jeunes femmes.» Ce football féminin, puissant sur le continent américain, en Asie comme en Europe du Nord, arrive à maturation en France aussi : les stades se remplissent, les chaînes de télé suivent, et des stars se distinguent. La récompense donnée à Ada Hegerberg, évoluant au sein de cet Olympique lyonnais – qui chez les femmes équivaut en renommée au Barça ou au Real Madrid pour les hommes – envoie un signal fort, six mois avant la Coupe du monde féminine de football, en France en juin prochain.

La joueuse qui a signé à Lyon jusqu’en 2021 a promis de fêter le trophée avec son équipe, puis elle ira sans doute le porter jusqu’en Norvège, où la sélection nationale qui la boudait ces derniers temps pourrait bien lui recourir après. Gratulerer ! (« félicitations » en norvégien).

Viviane Chocas

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